
Le maire de Montréal Gérald Tremblay a offert bien peu de réponses aux médias, mercredi, alors qu'il s'exprimait pour la première fois depuis que le président de la Fraternité des policières et policiers, Yves Francoeur, est sorti publiquement pour exprimer son malaise à l'égard des allégations qui entachent son administration.
Il aurait plutôt l'attitude de celui qui va annoncer son départ, croient les analystes.
Présent lors d'un point de presse pour annoncer que la rue Faillon Ouest, à Montréal, ainsi que le stade de baseball du parc Ahuntsic seront rebaptisés en l'honneur de l'ancien joueur étoile des Expos, Gary Carter, le maire Tremblay a rapidement été rattrapé par l'actualité lorsque les journalistes lui ont demandé de réagir à tout ce qui entoure les travaux de la commission Charbonneau.
«Tant que nous n'aurons pas les conclusions et les recommandations de la Commission, je ne ferai pas d'autre commentaire», a indiqué Gérald Tremblay, cohérent avec ses réactions passées dans ce dossier. Il a également déclaré que le «processus doit suivre son cours» et qu'il fait confiance à la Commission pour le mener à bien.
Calme - fatigué, diront certains -, le maire n'a pas souhaité commenter non plus les déclarations de M. Francoeur qui, mardi, a dit éprouver «un sérieux malaise» à l'idée que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) soumette ses orientations et ses budgets à son administration.
Enfin, sans vouloir s'avancer sur l'issue de sa réflexion, Gérald Tremblay a laissé entendre qu'il dévoilerait sous peu son intention de briguer à nouveau ou non le poste de maire de la métropole.
«Je suis une personne de défis, et quand il y a des défis à relever, je suis là pour relever ces défis. Il y aura beaucoup d'autres défis à venir, avant la fin de mon mandat», a-t-il lancé alors qu'on lui demandait s'il se représentera aux élections municipales en 2013.
L'animateur Mario Dumont a vu en M. Tremblay «un homme qui est à un poil de partir à pleurer», si bien qu'une chose lui semble claire: «Sa décision de ne pas revenir à la mairie de Montréal est prise».
L'analyste politique Jean Lapierre estime toutefois que Gérald Tremblay ne quittera pas la mairie de Montréal avant la fin de son mandat.
«Il est en train de travailler sur le scénario d'annonce, à quel moment et comment il va faire ça. Il y a même un scénario où il pourrait devenir maire indépendant jusqu'à la fin de son mandat pour éviter à son parti et ses conseillers d'être pris dans la tourmente», a évalué M. Lapierre.
D'ici les prochaines élections, M. Tremblay s'attachera sans doute à redorer son blason pour pouvoir quitter dignement, croient messieurs Dumont et Lapierre.
«À cette étape-ci de sa carrière politique, Gérald Tremblay doit avoir une seule chose en tête, c'est ''quelle trace je vais laisser''. Je ne pense pas que ça lui tente que le souvenir, la trace qu'on gardera de lui dans les livres d'histoire de Montréal, soit celle d'un maire qui a dormi paisiblement pendant que la maison était en feu», a conclu Mario Dumont.
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