Université Concordia

Un satellite fait par des étudiants sera mis en orbite

Première publication 14 octobre 2012 à 20h57
Un satellite fait par des étudiants sera mis en orbite
Crédit photo : Agence QMI
L'équipe Space Concordia.
Par Ève Lévesque | Agence QMI

Après deux ans de travail acharné, les étudiants du club spatial de l'Université Concordia verront leur satellite mis en orbite.

L'équipe Space Concordia, composée majoritairement d'étudiants au baccalauréat en différentes disciplines d'ingénierie, a remporté le Canadian Satellite Design Challenge (CSDC) à Ottawa, à la fin du mois de septembre. Ils ont prouvé au jury, composé des grands noms de l'ingénierie spatiale canadienne et de la Défense nationale, que leur satellite était en mesure de survivre au décollage d'une fusée.

«Il reste à prouver que le satellite est étanche et que ses performances ne seront pas affectées dans l'espace vide», a spécifié Gregory Gibson, membre de l'équipe et étudiant en génie électrique.

Il faudra aussi que les étudiants évaluent la force des radiations solaires à une altitude de 600 à 800 km. «À cette altitude, il n'y a pas de convection. Le satellite doit tourner comme un méchoui sur une broche au-dessus d'un feu pour que ses panneaux solaires ne brûlent pas.»

Le concours, auquel participaient depuis deux ans douze universités de partout au Canada, permet à l'équipe gagnante d'envoyer son satellite en orbite. Celui de Space Concordia ira étudier une zone spatiale au-dessus de l'Amérique du Sud, où des anomalies magnétiques causent des dysfonctions dans l'électronique des autres satellites.

«Il s'agit d'une région dense en particules de haute énergie, a expliqué M. Gibson. Pour le télescope spatial Hubble, par exemple, ils doivent fermer la plupart de leurs [appareils] électroniques à cause des radiations.»

L'équipe d'une vingtaine d'étudiants s'était donnée comme défi supplémentaire de construire un satellite avec des pièces électroniques que tout le monde peut se procurer. «On voulait prouver que cela pouvait fonctionner même avec des pièces qui ne sont pas certifiées par la NASA. Mais pour le reste, l'ordinateur à l'intérieur du satellite est conçu pour être dans l'environnement de hautes radiations, et possède trois processeurs qui fonctionnent en parallèle. Si un événement cause une défaillance, les deux autres fonctionneront.»

L'organisateur de la compétition, Larry Reeves, qui est président de Geocentric Technologies Limited, est présentement en discussion avec l'Union européenne spatiale pour que leur satellite soit sur un lancement mineur. «Ce sera au plus tôt en avril 2013, mais ça pourrait aller en 2014.»

«Des projets comme celui-là, ça donne la chance d'apprendre des choses de plusieurs disciplines et de faire partie d'un projet passionnant, a tenu à souligner M. Gibson. J'encourage vraiment tous les étudiants du domaine spatial à s'y mettre.»

 
 
 
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