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Parmi les milliers de citoyens qui sont descendus dans les rues au printemps et qui ont finalement remporté leur lutte contre la hausse des droits de scolarité, un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été fidèle à ses convictions et a pris part au mouvement des carrés rouges.
Cet agent, qui souhaite garder l'anonymat, a pris le risque de se faire reconnaître en défilant aux côtés des manifestants.
«Mes convictions allaient au-dessus de ces risques-là, a-t-il dit avec assurance. Pour moi, c'est une évidence même, je ne peux pas croire que tu puisses être du bord du gouvernement d'augmenter de 75% les frais.»
Sa grogne contre le gouvernement libéral, qu'il jugeait intransigeant envers les étudiants, l'a convaincu d'aller manifester. Généralement, il défilait au milieu de la foule, sans masque, ni pancarte. Il a porté le carré rouge, mais l'a rapidement retiré.
«Je ne suis pas un gars de symbole. Je suis d'accord, mais je n'ai pas à l'afficher partout comme un article de mode.»
Au total, il a participé à une vingtaine de manifestations.
«Si c'était à refaire, je le referais parce que j'ai pris position, j'ai pris part à un énorme mouvement social, puis j'étais content que le monde se réveille.»
Le policier reproche toutefois aux manifestants de ne pas avoir fourni leurs itinéraires aux autorités, ce qui, selon lui, aurait fait taire certains détracteurs du mouvement.
Évidemment, aussitôt que la tension montait ou que des méfaits étaient commis, il quittait la manifestation. D'ailleurs, l'agent dénonce vigoureusement toute forme de violence.
«Plus il y avait de la violence, plus ça donnait du crédit à Charest», a-t-il soutenu, ajoutant que cette violence est attribuable à des groupes radicaux et non aux étudiants.
Lorsqu'il était en service, le policier a été appelé à encadrer des manifestations, notamment au niveau de la circulation.
«Je n'étais pas dans l'antiémeute, donc c'était assez tranquille», a-t-il dit, précisant qu'il n'a jamais procédé à une arrestation.
Sans avoir été témoin de cas de brutalité policière, l'agent est conscient qu'il y en a eu.
«J'ai eu des témoignages et je sais qu'il y en a eu, mais ce sont des cas isolés. Je trouve ça dommage que les policiers ne se sont pas détachés de leurs convictions politiques et que ça ait pour conséquence des blessures.»
Par ailleurs, le policier considère que le SPVM n'a pas été constant dans ses façons d'encadrer les manifestations.
«Quand il y a une manif, ils barrent les rues, quand ils la déclarent illégale, qu'ils arrêtent le monde, qu'ils ne la tolèrent pas pendant huit heures. La police ne faisait rien, puis des fois, ils frappaient dans le tas et ils encerclaient tout de suite le monde», a-t-il dénoncé.
L'agent va même plus loin dans ses propos.
«Ils auraient dû se détacher un peu plus de la politique, puis faire leur job. Il y avait des commandes [politique], je suis sûr.»
Malgré les reproches qu'il adresse à son organisation, le policier déplore le fait qu'elle ressorte perdante du conflit. Selon lui, l'image du policier violent et brutal a largement été exagérée.
«La police a été médiatisée en lien avec de la violence partout dans le monde, et ça me choque de voir ça.»
Les récents gestes et propos de la policière Stéfanie Trudeau n'aident certainement pas à redorer l'image du SPVM.
«Je trouve ça dégueulasse, comment se fait-il que des gens pensent comme ça, a-t-il dit. Tout le monde s'entend pour dire que c'est un abus, tu ne peux pas cautionner ça.»
Selon lui, il ne fait aucun doute que les agissements de la policière ne sont pas à l'image des policiers du SPVM.
Un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui participerait à une manifestation contre la hausse des droits de scolarité, en dehors de ses heures de service, ne s'expose à aucune sanction, a indiqué le sergent aux relations médias du SPVM, Laurent Gingras.
«Comme n'importe quel citoyen, les policiers ont le droit d'exprimer leurs opinions, tant que ça se fait dans le respect des lois et des règlements», a-t-il précisé.
Toutefois, «je doute fort qu'il y en ait beaucoup qui fasse ça étant donné le contexte des manifestations de cet été, où il y a eu de la violence. Ce sont des situations que les policiers vont éviter, mais c'est propre à chacun», a-t-il souligné.
La Loi sur la police et le Code de déontologie des policiers du Québec régissent le travail des policiers de la province.
Les policiers du SPVM doivent également respecter un code de discipline interne, qui n'est pas de nature publique, a indiqué le sergent.
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