Mairie par intérim

Michael Applebaum élu: les réactions à Montréal

Première publication 16 novembre 2012 à 16h17
Par Étienne Laberge | Agence QMI

Les 63 élus de Montréal ont choisi Michael Applebaum comme maire intérimaire de la métropole durant un an à l'issue d'un vote secret et d'une semaine mouvementée à l'hôtel de ville.

Montréal a un maintenant un maire anglophone aux commandes, une première en 100 ans d'histoire. Son statut d'élu indépendant n'a pas non plus son pareil dans les annales de la ville.

Après un vote serré, le vainqueur a remporté 31 voix contre 29 pour son adversaire, Richard Deschamps, candidat du parti Union Montréal. Trois votes ont été annulés sur les 63 bulletins distribués aux conseillers qui ont pris part au vote secret.

«J'accepte le résultat avec humilité», a lancé M. Applebaum, quelques minutes après le verdict favorable. Le nouveau maire sera assermenté lundi.

Discours rassembleur

Dans son discours de victoire, Michael Applebaum s'est voulu rassembleur. «La ville et les citoyens méritent des changements importants, a-t-il dit. On va tous travailler ensemble».

Il a ensuite salué les efforts de son adversaire. «Je reconnais le travail fait par Richard Deschamps. Il a lancé différentes idées et je le félicite sa campagne», a concédé le gagnant.

Le repos sera de courte durée pour le nouveau maire intérimaire. Il compte plancher dès cette fin de semaine pour former son nouveau comité exécutif, le groupe d'élus à l'origine des grandes décisions qui concernent la métropole.

Deschamps pourrait quitter

Après avoir subi une dizaine de défections dans ses rangs plus tôt cette semaine, Richard Deschamps n'a pas voulu dire s'il demeurera au sein de son parti dans les prochains mois.

«Je terminerai mon mandat en tant qu'élu de l'arrondissement LaSalle, c'est ce que j'ai à vous répondre», a-t-il rétorqué aux journalistes qui lui demandaient s'il restera fidèle à son parti. Croit-il que d'autres quitteront Union Montréal ? «Des gens m'ont mentionné qu'ils y réfléchissaient», a-t-il révélé. Il n'est donc pas impossible que le parti se fissure davantage.

Fidèle à lui-même, M. Deschamps est resté prudent quand est venu le temps de commenter les résultats du scrutin. «Ce qu'on constate, c'est un résultat mathématique où on voit qu'il y a un choix, a-t-il observé. Je prends note. Je prends acte. On évaluera la situation dans les prochains jours.»

Il a tout de même rappelé que le contact avec les citoyens et le développement de la ville a toujours été sa motivation principale.

Des têtes tomberont

Le nouveau comité exécutif pourrait être présenté dès jeudi. On peut d'ores et déjà prévoir que des têtes tomberont puisque les conseillers Alan DeSousa, Claude Trudel, Gilles Deguire et Richard Deschamps, qui siègent actuellement dans ce cercle très restreint d'élus, ont tous fait campagne pour discréditer la candidature d'Applebaum au poste de maire. Ils pourraient donc être remplacés.

Les partis d'opposition, comme promis par le nouveau maire, occuperont quelques sièges. Projet Montréal s'attend à en avoir deux. De son côté, Louise Harel a préféré attendre avant de se prononcer.

L'opposition prête

Le chef de la deuxième opposition, Richard Bergeron, a félicité M. Applebaum à sa manière.

«Il a toute mon admiration d'accepter cet énorme fardeau», s'est-il permis, en faisant référence à la lourde tâche qui attend le maire. Sur les réseaux sociaux, il a immédiatement fait savoir qu'il collaborerait avec le vainqueur.

Louise Harel était ravie à l'idée de faire partie des grandes décisions en permettant à son parti d'accéder au comité exécutif.

«Nous sommes contents de l'ouverture que le résultat de ce vote permet, croit-elle. Une ouverture à une coalition, à un comité exécutif qui représentera mieux les Montréalais et à la fin de la culture du secret.»

 
 
 
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