Journée mondiale de la prématurité

Tout-petit deviendra grand

Première publication 16 novembre 2012 à 18h56
TVA Nouvelles

À l'occasion de la quatrième journée mondiale de la prématurité qui se tiendra samedi, des parents et des professionnels de la santé de partout sur la planète prendront part à des activités afin de briser les mythes et de montrer que ces jeunes peuvent grandir normalement, malgré un début de vie difficile.

Dans le monde, un bébé sur dix nait prématurément, c'est-à-dire avant la 37e semaine de grossesse. Chaque année au Québec, 8% des enfants, soit environ 6000, arrivent au monde avant terme.

C'est le cas d'Alexis qui a aujourd'hui 3 ans. Il est né prématurément à 27 semaines à l'hôpital Sainte-Justine et est demeuré hospitalisé pendant dix semaines. Sa mère, Christine Massie, explique qu'à cette étape de la grossesse, le bébé est loin d'être prêt à affronter le monde.

«Plus ils sont petits, moins les poumons sont formés, le cerveau n'est pas complètement formé», précise-t-elle.

Pour les parents dont l'enfant vient au monde prématurément, l'accouchement est un moment angoissant. Mme Massie dit ne jamais pouvoir oublier les premiers pleurs d'Alexis.

«Quand il s'est mis à crier dans la salle d'opération, j'étais soulagée. Les larmes coulaient toutes seules. "Il est vivant! Il est vivant, il est vivant!"», confie-t-elle.

Alexis, 3 ans (Crédit photo: TVA Nouvelles)

Aujourd'hui, Alexis ressemble à tous les enfants de son âge. Personne ne sait ce que sera son avenir, mais pour l'instant, il est en santé.

Le cas de Mme Massie et de son fils est semblable à celui des 1000 enfants admis annuellement à l'unité de néonatalogie de l'hôpital Sainte-Justine.

«De très grands prématurés, ça consiste en peut-être 1% des bébés qui sont admis chez nous», explique le néonatologiste, le Dr Hamed Moussa.

Les soins que nécessitent ces tout-petits sont importants. Garder un enfant en néonatalogie coûte environ 2000$ par jour. Plus le temps passe, et plus les chances de survies des petits patients grimpent.

«À 23 semaines, on parle d'à peu près 35%. À 26 semaines, c'est à peu près 85% ou 90% de survie», note le Dr Moussa.

Tout comme Alexis, les jumelles Béatrice et Elizabeth, nées à 28 semaines, ne conservent aucune séquelle. Leur mère, Jacinthe Noël, raconte que les premières heures de vie de ces jumelles étaient déterminantes pour la suite.

«Elles pesaient 625 et 730 grammes. Au départ, ils nous ont dit qu'il y avait 24 à 48 heures critiques», dit-elle.

La petite Béatrice (Crédit photo: TVA Nouvelles)

Béatrice est demeurée trois mois à l'hôpital, alors que sa sœur Elizabeth est restée un mois de plus, parce qu'elle avait des problèmes pulmonaires.

Plus de dix ans plus tard, les jumelles ne peuvent pas croire qu'elles ont déjà été si petites.

«Bien, je me dis: oh, my God! J'ai hyper changé!», dit Béatrice.

«On est des enfants espoir: on donne de l'espoir aux mères qui ont eu des enfants prématurés», complète sa sœur.

Toutefois, certains enfants conservent des séquelles, mais il ne s'agit que d'une minorité.

«Quand le couple fait le choix d'avoir un bébé, on ne sait pas comment la grossesse va se dérouler. C'est 25 cents qu'on lance dans les airs, puis de quel côté il va tomber, on ne le sait pas», philosophe Christine Massie.

«Battez-vous pour eux. Ils en valent la peine au même titre que n'importe quel autre enfant né à terme», ajoute-t-elle.

Les parents d'enfants prématurés de 30 pays partageront ce qu'ils ont vécu samedi avec les infirmières et les médecins qui les ont aidés à passer à travers ces moments difficiles. L'organisme Préma-Québec, qui soutien les familles dans ces moments difficiles depuis près de dix ans, sera également de la fête.

 
 
 
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