Chef de Projet Montréal

Bergeron se défend d'avoir tenu des propos dégradants

Première publication 18 décembre 2012 à 13h59
Mise à jour : 18 décembre 2012 à 17h21
Par Yves Poirier | TVA Nouvelles

Le chef de Projet Montréal Richard Bergeron est accusé d'avoir tenu des propos insultants et dégradants à l'égard d'élus de Vision Montréal, mais il a vivement nié ces allégations.

L'accusation vient de la conseillère municipale de Vision Montréal Véronique Fournier, qui entend d'ailleurs porter plainte auprès du ministère des Affaires municipales du Québec.

Mme Fournier raconte que le 6 décembre dernier, dans le hall de l'hôtel de ville, Richard Bergeron l'a traitée d'«osti de salope». Elle affirme qu'elle était accompagnée de son attachée de presse Militza Jean lorsque l'incident s'est produit.

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La conseillère municipale pour Vision Montréal Véronique Fournier (Crédit: archives Agence QMI)

Véronique Fournier dit avoir demandé à Richard Bergeron si cela le dérangeait qu'elle réagisse avant lui en point de presse dans le hall compte tenu du fait qu'elle devait siéger à la commission sur les finances. M. Bergeron aurait refusé de lui céder la place et c'est après ce bref échange qu'il aurait utilisé l'expression «osti de salope» à son égard, mais aussi à l'endroit de Mme Jean qui s'est également sentie visée.

Deuxième incident

Un autre incident se serait produit mardi matin vers 9h30, toujours à l'extérieur de la salle du conseil municipal, à l'hôtel de ville de Montréal.

Cette fois, dans le cadre d'une conversation privée dont elle a été témoin, Véronique Fournier dit avoir entendu Richard Bergeron et Luc Ferrandez, maire de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal, traiter Benoît Dorais, maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, de «gros cave» et «gros calice».

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Benoît Dorais, maire de l'arrondissement Sud-Ouest (Crédit: archives Agence QMI)

Véronique Fournier entend écrire dès aujourd'hui au ministre des Affaires municipales pour qu'il fournisse au président du conseil des pouvoirs de sanction à l'égard d'élus qui tiennent de tels propos à l'extérieur de la salle du conseil.

Bergeron dément les allégations

Visé par ces accusations, Richard Bergeron a vivement répliqué en après-midi à la conseillère Véronique Fournier.

En entrevue à TVA Nouvelles, M. Bergeron affirme qu'il n'a pas jamais prononcé les mots qu'on lui attribue.

«Ce sont des mots que je n'utilise jamais ni dans ma vie privée ni dans ma vie publique. Je démens tout et je trouve d'ailleurs que la situation est démente. Rappelons-nous le contexte du 6 décembre dernier: on était dans le grand hall de l'hôtel de ville. Le maire Applebaum venait de terminer son point de presse. Les journalistes se sont alors tournés vers nous et là, on a eu une petite dispute entre attachés politiques sur qui parlerait en premier entre moi et Véronique Fournier de l'opposition officielle. Croyez-vous que j'aurais utilisé des mots comme ça devant toutes les caméras de télévision et journalistes? C'est inimaginable!» s'est-il défendu.

Richard Bergeron se souvient plutôt d'avoir dit: «Quel culot!»

En ce qui a trait à l'incident de mardi matin, le chef de Projet Montréal assure n'avoir jamais proféré d'insultes à l'égard du maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais.

M. Bergeron reproche toutefois à son collègue Luc Ferrandez, maire de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal, d'avoir été «d'une extraordinaire impolitesse».

«D'aucune manière, je n'ai accompagné Luc Ferrandez dans ses propos. Au contraire, je lui ai dit de m'accompagner dans la salle du conseil de manière à couper court à tout échange», a poursuivi l'homme à la tête de Projet Montréal.

M. Bergeron dit avoir parlé au maire Ferrandez dans le but de lui expliquer que parfois, il faut savoir se taire.

Richard Bergeron n'écarte pas la possibilité d'entamer des recours en diffamation contre Véronique Fournier, mais la décision du chef de Projet Montréal n'est pas encore prise. Il entend y réfléchir pendant le temps des Fêtes.

Quant à la plainte, une fois acceptée par le ministère - s'il y a lieu -, elle sera transférée à la Commission municipale du Québec. Elle pourrait éventuellement mener à une sanction, soit une simple réprimande, soit une suspension d'une durée n'excédant pas 90 jours, a indiqué Me Daniel Bouchard, avocat spécialisé en affaires municipales. La personne fautive ne peut toucher son salaire pendant cette suspension.

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