Greffée du coeur il y a 30 ans

«La vie se vit tous les jours au maximum»

Première publication 23 avril 2013 à 19h24
TVA Nouvelles

Diane Larose ne croyait jamais vivre aussi longtemps. Elle a été la première patiente à subir une greffe cardiaque à l'Institut de cardiologie de Montréal lorsque le programme s'est mis à fonctionner de façon continue, en 1983. Elle avait 21 ans.

«J'ai attrapé, tout simplement, une grippe. Ça s'est jeté sur le coeur, étant donné que le coeur est un muscle. On appelle ça une cardiomyopathie, mais virale», explique madame Larose.

La première greffe cardiaque au Canada a eu lieu en 1968, mais après quelques transplantations, le programme a été suspendu durant 14 ans.

«La médication antirejet n'était pas au point, notre façon de détecter le rejet, avec des biopsies, n'était pas développée», justifie le docteur Guy Pelletier, un pilier du programme. C'est d'ailleurs lui qui a opéré Mme Larose il y a 30 ans.

(TVA Nouvelles)

Pour commémorer l'événement, une nouvelle photographie prise hier vient s'ajouter à celle d'il y a 30 ans. Mais en trois décennies, Diane Larose a dû surmonter de nombreuses épreuves. En 1993, elle recevait un nouveau cœur. La médication puissante a aussi fait en sorte qu'il lui a fallu recevoir trois greffes de rein.

«On pense à la mort beaucoup. J'ai développé des crises d'anxiété à ce moment-là», confie Mme Larose.

À 74 ans, Angelo Caluori est un autre miraculé. Il a reçu un nouveau coeur il y a neuf ans, à 65 ans. La priorité allait pourtant aux patients de moins de 50 ans.

«Dans ma tête, je me suis toujours dit (que je voulais) avoir mon cœur», dit-il.

«Avant ça, ceux qui ne recevaient pas leur coeur décédaient. Maintenant, ceux qui ne reçoivent pas leur coeur, on leur met des assistances ventriculaires», explique le Dr Pelletier.

En 30 ans, c'est 410 greffes cardiaques qui ont été faites. Toutefois, les donneurs manquent.

Heureusement, il y a de l'espoir. Selon le cardiologue, le temps n'est pas si loin où une nouvelle génération de coeurs mécaniques très sophistiqués et implantés en permanence sur des patients leur permettront de vivre sans subir de greffe.

«Le mardi, on me donnait l'extrême-onction et les derniers sacrements, se remémore Diane Larose. La vie est belle. La vie se vit tous les jours au maximum», conclut-elle.

Elle pense souvent au jeune homme mort dans un accident d'auto et à la femme victime d'un AVC qu'elle ne connaît pas et qui lui ont sauvé la vie. Après tant d'années passées avec de nouveaux organes, elle n'a qu'un terme pour décrire toute la gratitude qu'elle ressent face aux donneurs et à leur famille : une grandeur d'âme incomparable.

 
 
 
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