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Rien n'est joué à Laval

Première publication 22 octobre 2013 à 05h02
Par Isabelle Maher | Agence QMI

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À deux semaines de l'élection municipale à Laval, le candidat à la mairie Marc Demers est le favori, mais 37% des Lavallois déclarent qu'ils pourraient changer d'avis.

L'ex-policier Marc Demers mène dans les intentions de vote à la mairie de Laval, mais par une très fragile avance devant Claire Le Bel. Les Lavallois, marqués par le règne d'un maire accusé de gangstérisme, semblent avoir de la difficulté à faire confiance à un candidat.

Si une élection avait eu lieu à Laval le week-end dernier, le candidat Marc Demers serait le nouveau maire de la troisième ville en importance au Québec. C'est ce que révèle un sondage Léger réalisé à la demande de l'Agence QMI.

Seulement 53% des électeurs ont déclaré vouloir certainement aller voter.

Deux semaines avant de se désigner un maire, rien n'est joué à Laval puisque les citoyens se révèlent peu convaincus du choix de leur candidat.

Même si Marc Demers semble en bonne position avec 21% des intentions de vote, sa plus proche opposante Claire Le Bel le suit avec 14%, alors que Jean-Claude Gobé récolte 10%.

Les Lavallois sont très nombreux à ne pas savoir sur quel candidat jeter leur dévolu puisque 22% des gens se disent indécis, 37% affirment qu'ils pourraient changer d'avis et 16% ont déclaré qu'ils ne voteraient pas ou annuleraient leur vote.

«Ces données nous laissent croire que ce n'est pas très solide à un peu plus de dix jours des élections. Au-delà de la colère, on sent un certain écoeurement», constate Sébastien Dallaire, vice-président adjoint chez Léger.

Le Bel mieux connue

Parmi les neuf candidats qui se disputent l'attention des électeurs, Claire Le Bel est celle que les électeurs connaissent le mieux. Sa rencontre enregistrée avec l'ex-maire Gilles Vaillancourt et la démission de son chef de campagne l'auraient fait connaître, mais ne lui garantiront pas le fauteuil du maire.

«Les gens l'ont vu apparaître dans la campagne, ça lui a donné une notoriété, mais avec 24 % des gens qui affirment que leur choix est définitif, on voit que l'effet est fragile», note M. Dallaire.

«On ne peut pas nier le fait que je suis passée dans les médias nationaux récemment, mais je suis aussi connue pour être une ancienne élue», confie Claire Le Bel, candidate et ex-membre de l'équipe Vaillancourt.

Invité à réagir au sondage, le favori Marc Demers se fait prudent, les indécis sont nombreux, note-t-il.

«Il y a encore plusieurs électeurs qui sont confus et qui ne connaissent pas nos idées et nos valeurs», observe-t-il.

De son côté, Jean-Claude Gobé affirme ne pas faire confiance aux sondages menés sur Internet.

«Pour nous ça va bien, on continue, et le meilleur sondage sera le 3 novembre au soir», assure-t-il.

Seulement 53% des électeurs ont déclaré vouloir certainement aller voter. C'est peu considérant que les gens ont l'habitude de surestimer leur intention d'aller voter lors des sondages.

La présente étude a été réalisée par Internet auprès de 515 personnes âgées de 18 ans et plus et qui habitent à Laval, entre le 18 et le 21 octobre 2013. Les données finales du sondage ont été pondérées à l'aide des données du recensement de 2011 selon l'âge, le sexe, la langue maternelle, le degré de scolarité, la composition du foyer (avec ou sans enfant) et la région, de façon à garantir un échantillon représentatif de la population de Laval. Aux fins de comparaison, un échantillon probabiliste de 515 répondants aurait une marge d'erreur de +/- 4,3%, et ce, dans 19 cas sur 20.

Divisés sur Vaillancourt

Lorsqu'on leur demande comment ils évaluent le travail de leur ancien maire, 38% des gens croient qu'il a fait du bon travail alors que 39% affirment le contraire et 15% ne savent pas.

Un résultat mitigé qui n'étonne pas la candidate à la mairie Claire Le Bel.

«Il y avait quelque chose de confortable avec Gilles Vaillancourt: les taxes étaient stables, le déneigement était correct. Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain : il y avait des choses correctes qui étaient faites. Au quotidien, les citoyens trouvaient que ça allait bien», explique celle qui a été conseillère dans l'équipe de Gilles Vaillancourt.

Une majorité ne pardonne pas

Les électeurs de Laval ont beau ne pas s'entendre sur la qualité du travail de l'ancien chef du Parti PRO des Lavallois, lorsqu'on leur demande leur opinion sur les accusations de gangstérisme et de corruption qui pèsent sur l'ex-maire Vaillancourt, les résultats sont très clairs. Une nette majorité, soit 62%, croit que les accusations qui pèsent contre lui remettent en question sa contribution de plus de vingt ans à la ville de Laval.

«Oui, des gens croient qu'il a fait du bon travail, mais son héritage est entaché selon deux tiers des répondants qui croient que les accusations sont trop graves pour passer par-dessus», explique Sébastien Dallaire, Vice-président adjoint chez Léger.

8% des votes pour Vaillancourt

Fait à noter, 27 % des Lavallois croient que malgré les accusations, Gilles Vaillancourt aura tout de même été un bon maire et 8% des électeurs auraient voté pour lui s'il avait été candidat à la mairie de Laval le 3 novembre prochain.

«Avec tout le temps qu'il a été en poste, il fera toujours partie de l'histoire de Laval, avec ses bons et mauvais côtés», croit Marc Demers, ex-policier enquêteur à la Police de Laval et candidat à la mairie.

- Avec la collaboration de Claude-André Mayrand

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