Manifestation illégale à Québec

Arrestation massive malgré l'intervention des leaders étudiants

Première publication 28 mai 2012 à 22h12
Mise à jour : 29 mai 2012 à 07h15
Agence QMI et TVA Nouvelles

Malgré un appel au calme de la FECQ, la manifestation nocturne dans les rues de Québec s'est une fois de plus soldée par l'émission de 84 constats d'infraction.

Avant même que la manifestation commence, une nervosité était perceptible chez les policiers qui redoutaient que la situation tourne mal.

Dès le départ, la manifestation a été déclarée illégale en raison du refus des manifestants de remettre leur itinéraire. Le lieutenant Francis Pétrin les a avisés de la peine qu'ils encouraient s'ils décidaient de défier les autorités.

(photo: TVA Nouvelles)

Inquiets, plusieurs des 300 manifestants massés devant le Parlement ont quitté la troupe qui a pris la direction de la Grande Allée.

«Je ne suis pas assez fortuné pour payer un constat d'infraction. Je suis sur le chômage ces temps-ci et j'ai une femme et un enfant», a lancé Jean-François.

Mélissa trouvait plutôt contradictoire de courir le risque d'écoper d'un constat de près de 500$ alors qu'elle décrie la hausse des frais de scolarité. «C'est contraire au débat, c'est de dire je m'en vais perdre de l'argent», a soulevé l'étudiante.

(photo: Journal de Québec)

Un peu plus d'une centaine de marcheurs, pour la plupart des jeunes, ont poursuivi sur René-Lévesque pour s'arrêter devant l'édifice de la Banque Nationale, où se déroulent les négociations entre la ministre Courchesne et les leaders étudiants.

La troupe a ensuite descendu la rue Turnbull, a enchaîné sur Lockwell pour débloquer sur Salaberry et revenir sur René-Lévesque.

L'escouade antiémeute a finalement mis fin à ce jeu en encerclant ce qui restait de manifestants devant la Banque Nationale sur le boulevard René-Lévesque.

Intervention des leaders étudiants

À leur sortie, le président de la FECQ, Léo Bureau Blouin et la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, ont tenté de convaincre les policiers de ne pas procéder à des arrestations.

Leurs tentatives ont toutefois échoué. Une dizaine de jeunes interpelés ont cependant réussi à fuir côté jardin après s'être brièvement entretenus avec un policier.

(photo: Journal de Québec) Les policiers ont fait une boîte et ont arrêté tous les manifestants à l'intérieur du périmètre devant l'édifice de la Banque Nationale, où les négociations se tiennent.

Ceux qui n'ont pas eu cette chance ont hérité d'un constat d'infraction de 494$ pour entrave à la voie publique. La banane rebelle écope de son second constat en moins d'une semaine.

Un jeune homme qui était déjà sous enquête dans une autre histoire a de son côté été amené au poste de police du parc Victoria.

Quant aux autres manifestants, ils ont été transportés à différents endroits dans la ville par trois autobus du RTC pour éviter d'autres rassemblements.

Une cinquantaine de manifestants ont tenté de bloquer la route à ces bus. La présence de l'escouade antiémeute les a fait changer d'idée.

En basse-ville

La manifestation quotidienne tenue dans les rues de Limoilou a aussi été déclarée illégale par le Service de police de la Ville de Québec. La centaine de manifestants ont toutefois accepté de remonter sur le trottoir pour éviter de recevoir un ticket de 494$.

Négociateurs de la CLASSE arrêtés

Par le biais de son compte Twitter, la CLASSE a dénoncé vers 23h20 que deux de ses négociateurs, soit Philippe Lapointe et Justin Arcand, aient été arrêtés. Ils ont par la suite annoncé que Philippe Lapointe a été relaché, ce qui n'était pas le cas de Justin Arcand. Un autre message de la CLASSE précisait: «le SPVQ doit cesser les arrestations de masse».

 
 
 
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