
Le maire Régis Labeaume a surpris les représentants syndicaux lors de la rencontre au sommet, jeudi, avec un mea culpa et des échanges «francs et honnêtes» qui viennent peut-être marquer un virage dans des relations très houleuses.
Tous, y compris le maire, se montrent prudents à savoir si ce virage se perpétuera dans le temps et surtout dans les négociations pour le renouvellement des conventions collectives. Néanmoins, la rencontre s'est avérée l'occasion de changer la perception, de part et d'autre. Pas question de négocier, simplement d'échanger.
Pour le syndicat des pompiers de Québec, le maire s'est aperçu qu'il avait un mea culpa à faire et c'est l'occasion de repartir sur de nouvelles bases. « Le maire nous a expliqué qu'il voulait changer de ton dans le cadre des relations de travail avec les employés; pour nous, c'est une bonne nouvelle, le ton changeant (...) et on espère que ça va se refléter à la table de négociations », a dit le vice-président, André Lamoureux.
À l'Alliance des professionnels de la Ville de Québec, la méfiance demeure, mais la rencontre s'est avérée positive. « C'était une rencontre intéressante, constructive, mais je demeure prudente », a exprimé Sylvie Dolbec, présidente.
«On le sent sincère, mais c'est par les actes qu'on sera en mesure vraiment de bonifier.»
La rencontre est aussi arrivée au bon moment, selon Mme Dolbec. La perception était biaisée dans le rapport de force établi jusqu'à maintenant, dit-elle. Le maire n'aime pas les rapports de force de combat. « Il a admis qu'il avait peut-être lui aussi ce profil, qu'il était peut-être un employeur de combat. Il dit on va faire la part des choses.»
Les représentants syndicaux ont dit tout ce qu'ils avaient à dire, selon le maire. « Ils l'ont bien dit honnêtement, souligne-t-il, et on a même réussi à rigoler en le disant.»
Le premier élu affirme qu'il comprend les syndicats d'être sceptiques à savoir que le dialogue actuel pourra se poursuivre. « Moi-même je me demande si ça va durer (...) Je leur ai souhaité et je me suis souhaité bonne chance. »
Le maire Régis Labeaume, flanqué du directeur général, Alain Marcoux, et du vice-président du comité exécutif, Richard Côté (Photo : Agence QMI)
Tout cela arrive alors que des documents obtenus par TVA Nouvelles, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, révèlent que, bon an, mal an, les cadres de la Ville reçoivent pour environ 1,4 million $ par année en primes au rendement et augmentations de salaires, depuis 2009.
Au cabinet du maire Labeaume, on dit que ces primes et augmentations sont essentielles pour attirer des cadres de qualité.
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