Redécoupage électoral

Du travail de plus pour les partis

Première publication 3 août 2012 à 16h10
TVA Nouvelles

En plus des nouveaux candidats et des nouveaux partis, des changements aux limites des circonscriptions viennent changer le paysage électoral du Québec cette année.

En effet, 85 circonscriptions ont été modifiées, quand ce n'est pas éliminées, et la région de Québec n'y a pas échappé.

Jean-Talon, Louis-Hébert et Taschereau sont des exemples de ces circonscriptions qui ont vu des électeurs déménager.

Taschereau, par exemple, perd une partie de Limoilou au profit de Jean-Lesage mais gagne un secteur du quartier Montcalm qui faisait partie de Jean-Talon. En retour, Jean-Talon gagne sur Louis-Hébert et Louis-Hébert augmente de beaucoup sa superficie en englobant maintenant Saint-Augustin-de-Desmaures, qui faisait partie de La Peltrie.

«À ce stade-ci de la campagne, on peut dire que ça peut nous réserver des surprises et que c'est un défi supplémentaire pour les organisations électorales», croit Éric Montigny, professeur de science politique à l'Université Laval.

Des simulations

Le Directeur général des élections a fait l'exercice de transposer le résultat des votes de l'élections de 2008 à cette nouvelle carte électorale. Si dans le région de Québec, ces modifications n'auraient pas changé les noms des gagnants, leurs majorités auraient cependant été modifiées.

Dans le cas de Taschereau, par exemple, cette projection fait fondre de plus de la moitié la majorité de la députée péquiste Agnès Maltais.

À l'inverse, son voisin de Jean-Talon, le ministre libéral de la Santé, Yves Bolduc, voit sa majorité bonifiée de 1335 voix.

Quant à Éric Caire autrefois à l'ADQ et maintenant à la CAQ, sa mince majorité de 436 voix passe à 1012 voix dans la Peltrie.

Des chiffres sur lesquels le porte-parole du DGE, Denis Dion, s'empresse cependant de mettre un bémol.

«Il faut être extrêmement prudent parce que le contexte de 2008 n'est pas le contexte de l'élection de 2012. Il faut faire bien attention pour ne pas prédire le résultat de l'élection actuelle avec des résultats de la dernière. Par définition, si on fait une nouvelle élection, c'est que le résultat peut être différent.»

Un outil

Reste que, même avec ces réserves, ces chiffres demeurent fort utiles pour les partis politiques, ne serait-ce que pour leur permettre de déceler des tendances lourdes dans les habitudes des nouveaux électeurs.

«Concrètement, ils doivent se développer de nouveaux organisateurs de secteurs, compte tenu de la nouvelle réalité du comté, et multiplier les apparitions et les contacts avec les nouveaux électeurs», explique le professeur Montigny.

En bout de ligne, dans la région de Québec, les changements au découpage électoral n'auraient rien changé aux résultats des élections de 2008, s'ils avaient alors été en vigueur. Par contre, ils auraient permis aux libéraux de Jean Charest de remporter trois comtés de plus ailleurs au Québec.

Mais tout cela, rappelons-le, n'est que spéculation.

 
 
 
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