
C'est une icône reconnue un peu partout à travers le monde.
La toiture du Château Frontenac se refait graduellement une beauté. Présentement, on achève le renouvellement du cuivre de la partie de la tour principale, la plus en vue.
«On avait plus le choix vraiment. C'était rendu dans un état où on savait qu'on devait remplacer le toit. C'est le toit d'origine qui date de 1924», explique Robert Mercure, directeur général du Château Frontenac.

La toiture, vieille de presque un siècle, était en train de tourner au vert pâle, le signe que son revêtement de cuivre avait fait son temps. On a donc entrepris de le remplacer par un nouveau revêtement tout cuivre. C'est-à-dire que non seulement le revêtement est constitué de feuilles de cuivre mais que ses feuilles sont fixées avec des clous de cuivre. Cela, pour qu'il soit aussi durable que celui qu'il remplace.

«C'est pour la corrosion, explique Joël Pichette, contremaître-ferblantier. Si c'étaient des clous en acier, ils pourriraient par la corrosion. Ils couperaient à long terme.»
C'est aussi pour ça que tous les évents et autres cheminées de la toiture sont aussi fabriqués à partir de feuilles de cuivre. Un travail qui tient autant de l'art que de la fabrication.

Évidemment, tout ça a un prix. Le travail des ferblantiers et les matériaux coûtent plus de 6 millions $ pour la seule tour centrale du Château.
Les travaux ont aussi mené à une découverte. En vidant le grenier pour installer les travailleurs, on a constaté qu'il offrait une vue imprenable à 360 ° sur Québec. Si bien qu'on songe à l'aménager en chambre de luxe, une fois les travaux terminés.
«C'est une pièce absolument magnifique qu'on a découverte quand on a ouvert l'intérieur. On est en train d'étudier ça : une suite... en tous cas, il y a plusieurs possibilités», dit Robert Mercure.
Le cuivre tout neuf va demeurer étincellant le temps d'un été et, l'hiver prochain, il va devenir brun chocolat.
Mais ça va prendre plus de 30 ans avant qu'il reprenne sa couleur verte habituelle.

Et pendant que le métal va ternir, la fierté des travailleurs qui ont restauré cette icône de Québec va demeurer inacte.
«Le coeur me débattait quand j'ai su qu'on avait le contrat, dit Joël Pichette. J'étais tellement content. Tu peux pas avoir mieux. Surtout que, travailler dans le cuivre de même, c'est le rêve de tous les ferblantiers qui travailent dans les toitures.»

Une fierté partagée par le d.g. de l'établissement
«Ça me touche parce que c'est un toit qui est très connu. On est souvent référé comme l'hôtel le plus photographié dans le monde. C'est sûr que beaucoup de monde connaît le Château Frontenac. Mais,. cela dit, il faut prendre soin du Château comme d'un édifice de notre patrimoine.»

Et puis, comme on ne fait pas toujours les choses comme tout le monde, au Château Frontenac, le quart du vieux cuivre qu'on a enlevé de la toiture a été donné à des artistes québécois.
«Je trouve ça extraordinaire parce qu'on aurait pu envoyer ça à la scrap, vendre ça pour de l'argent», dit l'artiste Jean Gaudreau. «Là, on crée des oeuvres d'art et ces oeuvres d'art vont vivre au cours des prochaines années et on donne une nouvelle naissance (aux morceaux de cuivre).»
D'ici quelques mois, le Château Frontenac devrait présenter une exposition complète d'oeuvres faites à partir du vieux cuivre.
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