Légionellose

Québec donne le feu vert à la réglementation réclamée par Labeaume

Première publication 24 août 2012 à 15h14
Mise à jour : 24 août 2012 à 21h06
Agence QMI

Après le cri du cœur de Régis Labeaume, le gouvernement a décidé d'ajouter dès maintenant les tours de refroidissement au registre d'entretien de la Régie du bâtiment, pour réagir à l'éclosion de légionellose qui a déjà causé six décès sur les 65 cas répertoriés à Québec.

Les tours de refroidissement placées sur les édifices de plus de trois étages seraient à l'origine de l'éclosion de la maladie. Lorsque ces tours sont mal entretenues, la bactérie est susceptible de se développer et d'être projetée dans l'air via les conduites d'aération et d'infecter les personnes vulnérables.

«J'ai parlé à quelques reprises à M. Labeaume, a signalé le ministre de la Santé Yves Bolduc. Il nous a fait part de ses inquiétudes que nous recevons très bien.»

Le maire de Québec demandait des solutions précises au gouvernement provincial afin de contrer l'épidémie de légionellose. «Je tiens à dire maintenant que je répondrai positivement tant à la modification législative qu'à la mise en place d'un registre», a assuré vendredi le ministre de la Santé, en conférence de presse.

Amendement

Les inspecteurs de la Régie du bâtiment ajouteront les tours de refroidissement au Code de sécurité du bâtiment qui sera en vigueur avant la fin de l'année. «Aujourd'hui, on répond présent au maire Labeaume en ajoutant un volet qui va toucher les tours de refroidissement, a souligné la ministre du Travail Lise Thériault. En cas de manquement à ces obligations, des amendes sévères seront prévues et pourront atteindre 75 000 $.»

«À partir du moment où le règlement sera en application, cet automne, les propriétaires vont devoir faire un entretien obligatoire avant le démarrage de l'appareil, a expliqué la ministre. Et on va retrouver des choses comme l'entretien préventif quatre à cinq fois par mois, lorsqu'on est en période d'utilisation intensive.»

À qui la faute?

Le gouvernement aura cependant attendu que la maladie ait causé six morts avant de modifier la loi, par voie de règlement. Déjà, en 1997, un rapport recommandait au gouvernement péquiste de l'époque de s'attaquer à l'entretien des tours.

La chef du PQ a offert ses sympathies aux familles des victimes et a soutenu qu'il était de la responsabilité de la Régie du bâtiment d'intervenir. «Est-ce qu'on doit obliger l'inspection des tours de refroidissement? Je crois qu'il faut rapidement qu'il y ait des actions qui se posent pour que ça ne se reproduise plus», a dit Pauline Marois.

Les caquistes François Legault et Gaétan Barrette ont également offert leurs condoléances aux proches des victimes, promettant d'agir s'ils prennent le pouvoir. «Non seulement on va agir, mais on va déterrer toutes les recommandations qui ont été faites par la santé publique au fil des dernières années et qui n'ont pas été appliquées», a déclaré le Dr Barrette, lors d'un point de presse à Champlain en Mauricie.

«L'idée n'est pas de lancer la pierre aux gens qui étaient là au début des années 2000, mais rendu en 2012, je pense qu'il y a lieu de mettre en place ce qui a été recommandé pour la protection du public», a-t-il ajouté.

Questionné sur sa présence au sein d'un gouvernement péquiste entre 1998 et 2003, François Legault a accepté de prendre une partie du blâme pour le laxisme dans le suivi des recommandations. «Jamais personne, malheureusement, ne m'a mis au courant. La personne qui était responsable, à l'époque, au Parti québécois de la Régie du bâtiment et du rapport qui a été fait aurait dû agir plus rapidement donc on est tous responsables. J'ai fait partie de ce gouvernement-là et je prends ma part de responsabilité.»

- Avec la collaboration de Jean-Luc Lavallée et Marianne White

 
 
 
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