Débat entourant la charte des valeurs

Une dame voilée se fait agresser

Première publication 15 septembre 2013 à 15h45
Mise à jour : 15 septembre 2013 à 16h46
TVA Nouvelles

Une dame d'origine algérienne et son fils ont été victime d'agression alors qu'ils se trouvaient au centre commercial Place Laurier à Québec, il y a quelques semaines.

La femme, Badia Senouci, qui porte un foulard, aurait été abordée par une autre dame la sommant de changer de religion et de retirer son foulard, tout en faisant référence au projet de charte des valeurs québécoises.

Pour prendre sa défense, son fils de 18 ans serait intervenu et la femme qui avait insulté Mme Senouci aurait alors craché au visage du jeune homme.

La victime dans cette histoire, installée depuis 14 ans au Québec, affirme n'avoir jamais vécu une situation similaire dans le passé et relie ce malheureux évènement au projet de charte des valeurs.

«Depuis que Mme Marois veut faire cette charte, je vois cette tension et ces regards haineux avant nous», affirme la femme.

Son mari, très fâché, tient la première ministre Marois responsable de ces gestes irrespectueux dont ont été victimes son épouse et son fils. Il envisage même de quitter le Québec avec sa famille, craignant que l'atmosphère se dégrade et que la communauté musulmane soit de plus en plus visée par des attaques de ce genre.


Réactions du maire

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a vivement réagi à ce comportement regrettable. Même s'il considère cet évènement comme un «cas isolé», il «espère que la personne sera punie».

Il appelle la population au calme et souhaite que chacun respecte autrui. «Tentons d'être respectueux. Peu importe d'où on vient à Québec, quelles que soient notre origine, nos croyances religieuses et la couleur de notre peau, on est tous des humains et on va se comporter très correctement avec tout le monde.»

La victime dans cette histoire attend quant à elle des commentaires et des réactions sur cette affaire de la part du Parti québécois.

Entrevue avec Bernard Drainville

Le ministre Bernard Drainville, qui accordait une entrevue à TVA Nouvelles, s'est exprimé à ce sujet un peu plus tôt dimanche.

Il condamne ce qui s'est passé et trouve cela «très dommage» et tient à rappeler que «l'intimidation n'a pas sa place au Québec».

Les citoyens se doivent de se respecter «dans ce débat-là. Même quand on n'est pas d'accord, il faut être capable de se le dire dans des mots respectueux, puis toujours dans le calme», soulignant du même souffle le caractère démocratique de la société québécoise.

Il soutient que la charte ne peut pas être tenue responsable de l'agression verbale dont la femme de Québec a été victime.

Selon Bernard Drainville, ce le parti québécois vise à faire, «c'est mettre en place un cadre qui va nous permettre, justement, de bien vivre ensemble au-delà de nos différences. Apprendre à se respecter, mais aussi se donner des règles communes, des valeurs communes qui vont nous permettre de bien vivre ensemble, de vivre dans l'harmonie, de vivre dans le respect les uns des autres».

Il ne s'inquiète pas outre mesure des débordements causés par le projet de charte des valeurs québécoises, mais admets que dans un débat, «il y a toujours des pour, il y a des contre».

M. Drainville affirme enfin que la neutralité religieuse de l'État est une condition dont le but est précisément de garantir l'égalité et le respect de tous les citoyens.

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