Usine Rio Tinto

Entente de principe à Alma

Première publication 2 juillet 2012 à 09h10
Par Jean-Luc Doumont | Agence QMI

Une entente de principe est survenue lundi matin entre Rio Tinto Alcan (RTA) et les représentants des travailleurs de l'usine d'Alma, six mois jour pour jour après le déclenchement du lockout.

Le groupe minier a annoncé, par voie de communiqué, qu'une «ronde de discussions intensives» avait mené à l'entente de principe. Les discussions se sont déroulées en présence du conciliateur du ministère du Travail.

Étienne Jacques, chef des opérations de Rio Tinto Alcan Métal primaire, Amérique du Nord, a exprimé sa satisfaction et a déclaré que «les deux parties ont fait preuve d'ouverture».

(Photo Agence QMI)

Cette entente de principe sera soumise au vote des 780 travailleurs syndiqués de l'usine.

«Comme toute entente qui est soumise aux membres, il y a deux options qui s'annoncent, soit l'accepter ou là refuser», a commenté Marc Maltais, président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma (STAA).

Dès cette semaine, le syndicat fera connaître la date de l'assemblée générale. «Nous allons réaliser une présentation pour nos membres, a ajouté M. Maltais. Je vais expliquer en détail l'ensemble des paramètres de cette entente.»

Redémarrer l'usine

Si elle est acceptée, Rio Tinto a indiqué que sa priorité serait de ramener l'usine à sa pleine capacité de production.

«À présent, ce sera aux employés de se prononcer, a souligné la porte-parole de RTA, Claudine Gagnon. Notre priorité, c'est de redémarrer l'usine le plus rapidement possible, dès que l'entente sera acceptée. Il faut que l'usine réamorce ses activités et de là ramener à sa pleine capacité de production.»

Pour sa part le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, n'a pas voulu se prononcer sur cette annonce.

«Je n'ai pas l'intention de me prononcer sur le fond, a-t-il affirmé. Il appartient aux travailleurs de l'analyser et de se prononcer sur celle-ci. Si cette entente est approuvée dans les prochains jours, c'est toute la population de la région qui pourra pousser un soupir de soulagement.»

Tout comme M. Cloutier, plusieurs élus de la région s'étaient montrés inquiets du conflit et notamment de son impact économique.

(Photo Agence QMI)

Plancher d'emploi et sous-traitance

Rio Tinto Alcan a décrété un lockout le 1er janvier, après que le Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma eut rejeté l'offre patronale finale à 88%. La convention collective de ses travailleurs était venue à échéance.

Le syndicat estimait qu'une quarantaine d'emplois ont été supprimés depuis 2007 au profit de la sous-traitance. Il réclamait un plancher d'emploi et demandait de limiter le recours à la sous-traitance.

La direction de RTA souhaitait conserver le droit de faire appel à la sous-traitance. La présidente et chef de la direction, Jacynthe Côté, avait également souligné que le plancher d'emploi mettrait en péril la compétitivité de l'usine Alma.

Mme Côté avait reconnu que ce premier conflit de travail en 16 ans faisait perdre de l'argent à la compagnie. Elle souhaitait d'ailleurs un règlement raisonnable.

Dur conflit

Tout au long du conflit, les travailleurs de RTA avaient fait entendre leur voix. Une grosse manifestation en appui aux travailleurs en mars, à Alma, avait notamment réuni plus de 5000 personnes.

Le syndicat a aussi déposé une plainte devant le Comité d'organisation des Jeux olympiques de Londres pour l'exhorter d'abandonner la multinationale comme fournisseur officiel des métaux utilisés pour fabriquer les médailles remises aux athlètes.

Le bras de fer s'est déplacé au tribunal. La Cour supérieure a imposé une injonction qui obligeait les travailleurs à laisser le champ libre aux cadres qui assuraient la production à l'usine. L'injonction limitait aussi le nombre de grévistes sur place. Elle exigeait que les grévistes s'éloignent à 500 pieds de l'usine (environ 150 mètres).

Des inspecteurs du ministère du Travail s'étaient rendus à Alma pour enquêter sur le recours à des briseurs de grève.

Un «soulagement» pour la région

Le maire d'Alma, Marc Asselin, croit qu'il s'agit d'une grosse étape franchie. «C'est un soupir de soulagement. Ça touche toute la région.»

Il ajoute que les employés et les gens de la région étaient impatients que le conflit se règle.

«C'est des centaines d'emplois pour Alma et la région. Les employés viennent de partout. Ça eut un impact économique régional», dit le maire. Il ajoute que beaucoup d'employés, incertains de leur avenir, avaient réduit les dépenses, affectant ainsi tous les commerces régionaux.

Toutefois, le maire ne s'est pas laissé décourager par la longueur du conflit. «On me disait qu'ils étaient condamnés à s'entendre. On avait de l'exaspération sur le temps que ça prenait.»

Chronologie

  • 16 décembre 2011 : la ministre du Travail Lise Thériault nomme un médiateur spécial
  • 30 décembre 2011 : les travailleurs de RTA rejettent les offres finales
  • 31 décembre 2012 : la convention collective des travailleurs est échue
  • 1 janvier : la compagnie met ses 780 travailleurs en lock-out
  • 31 mars : plus de 5000 personnes marchent à Alma en appui aux travailleurs en lock-out
  • 6 avril : RTA rejette les propositions du syndicat
  • 16 avril : Le syndicat demande au Comité international olympique (CIO) d'abandonner la multinationale comme fournisseur officiel des Jeux olympiques de Londres.
  • 24 mai : les syndiqués de l'usine de Rio Tinto Alcan à Alma manifestent à Québec
  • 1 juillet : entente de principe entre les deux parties
Avec TVA Nouvelles

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