
À la SADC d'Alma, dans les trois premiers mois du lock-out, le chiffre d'affaires a chuté de 20%. Inutile de dire que dans cette municipalité, on se réjouit de l'entente.
«On est très heureux! C'est espéré depuis plusieurs mois déjà. On ne vivait pas des moments difficiles, mais de l'inquiétude. Ça rend le commerce morose» explique Marc Racine, de la SADC.
Même son de cloche pour Marie-Claude Gagnon, vice-présidente de la Chambre de commerce d'Alma : «Le sentiment d'insécurité et d'inquiétude qui étaient relié à l'incertitude quant à la durée du conflit, là, c'est chose du passé.»
Malgré ce règlement, certains commerçants hésitent encore aujourd'hui à commenter. On veut éviter des frictions. Puisque ces six mois de lock-out ont été, oui, difficiles pour les affaires, mais difficiles aussi sur le climat dans la municipalité.
(Agence QMI)
Le conflit a laissé d'importantes cicatrices. Claude Patry, le député de Jonquière-Alma, ancien syndicaliste de l'usine RTA à Arvida, en sait quelque chose.
«Ça ne sera pas facile de rentrer au travail avec des cicatrices de même. Quand on se fait mettre dehors en plein 31 décembre et on revient après six mois. J'ai vu des travailleurs hier qui avaient encore une certaine rancune. Et c'est normal, faut passer par-dessus ça et il faut essayer de trouver des solutions et regarder vers l'avenir.»
Le président de la chambre de commerce du Saguenay, Éric Dufour, préfère aller de l'avant. «Je comprends qu'il y a beaucoup d'émotions, mais il faut passer à un autre niveau que l'étape des combats et des relations de force. J'ai confiance que ce soit un nouveau départ pour une culture qui soit plus une culture de communication.»
Le maire d'Alma, lui, mise déjà sur l'agrandissement de l'usine, la phase deux attendue depuis longtemps. «Et le retour bien entendu de la paix sociale, c'est bien important, ça fait partie d'ailleurs des critères pour investir des sommes aussi importantes qu'un milliard de dollars,» juge Marc Asselin, le maire d'Alma.
«On est une région où la grande entreprise nous a aidés à bâtir l'économie de l'endroit. On est drôlement content qu'il y ait eu une entente là-dedans et puis j'espère que ça sera une paix à très long terme.» estime Denis Lebel, le député conservateur de Roberval.
Déjà depuis quelque temps, des cadres de RTA à Alma auraient été formés, justement pour mieux faire face aux frictions qui pourraient survenir lors du retour au travail.
-D'après un reportage de Sonia Lavoie
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