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Le chasseur de Dolbeau-Mistassini, secouru par des sauveteurs des Forces armées canadiennes à Bagotville lundi matin, reprend du mieux.
Jacquelin Mimeault a passé deux nuits en forêt. Le chasseur de 76 ans sort tout juste de l'hôpital où il est resté toute la semaine. Il tient à dire qu'il ne s'est jamais perdu, mais qu'il était dans un secteur qui ne lui permettait pas de revenir sur son chemin.
Dans une entrevue exclusive accordée à TVA Nouvelles, il estime être aujourd'hui certain que sa longue expérience en forêt lui a sauvé la vie.
«Ce n'est pas ennuyant la nuit dans le bois, affirme le rescapé. Ça marche tout le temps autour de nous autres!»
Aujourd'hui, il rit de sa mésaventure. Deux nuits, seul en forêt, incapable de sortir d'un secteur quasiment marécageux.
«Les castors ont éclusé. C'est un fonds « mouilleux » de savane. Je suis allé au bord pour aller voir. J'ai callé jusqu'à ma ceinture.»
À 76 ans, il n'était parti que pour une heure, sans son équipement, samedi après-midi pour scruter son secteur de chasse. «Je n'avais pas d'eau, pas de manger, pas mes médicaments. Je n'avais rien.»
Mais le sol mou n'a pas voulu le laisser sortir de la forêt. À bout de force, il s'est résigné, dès le premier jour, à attendre les secours et à se rendre visible près du lac Mimeault, qui porte son nom. «Je me suis fait une cache en sapins. Je me suis couché dessus. J'en avais deux pieds de même par-dessus moi.»
La première nuit, confortable pour la saison, lui a permis de dormir, même s'il n'avait qu'un t-shirt et un coton ouaté. «Je n'ai pas osé me lever parce que c'était sec sous moi. Si je me lève, il va mouiller et je vais me coucher dans l'eau. Je n'ai pas grouillé.»
Le lendemain, il a tenté à nouveau de revenir, mais le sol instable le gardait encore prisonnier. «J'ai essayé de sortir, de me sortir de ça, mais je n'étais pas capable. Je tombais. Je ne souhaite pas à quelqu'un qui n'est pas habitué dans le bois de vivre ça.»
Il a trouvé cette deuxième nuit éprouvante. «Le dimanche soir, il a plu beaucoup. Le sapin, ce n'est pas étanche.»
Il a alors commencé à souffrir d'hypothermie et de déshydratation. C'est là que ses 70 années d'expérience en forêt lui ont conseillé de ne pas paniquer. «C'est ça qu'il faut contrôler pour commencer. Si tu ne contrôles pas ça, tu es fait.»
C'est là aussi, qu'il a pensé à son frère, mort d'hypothermie en hiver, tout près de là, il y a plusieurs années. «Il ne faut pas qu'il y en ait un deuxième dans la famille. Là, je suis seul de garçon et mes deux frères sont morts tous les deux.»
Lundi matin, il aperçoit un hélicoptère militaire dans le ciel. «Il est bien trop loin, il ne me verra jamais. J'ai enlevé mon dossard, j'ai pris ma hache et je l'ai passé dans mes épaules pour l'agrandir et je l'ai agité. Le pilote m'a vu.»
Cinq jours plus tard, ses jambes n'ont pas retrouvé toute leur énergie, mais quand elles seront plus solides, elles le ramèneront en forêt. «Oui, c'est ben important que j'y retourne !»
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