Rio Tinto Alcan

Nouveau contrat de travail pour les syndiqués du SNEAA

Première publication 20 décembre 2012 à 22h33
Nouveau contrat de travail pour les syndiqués du SNEAA
Crédit photo : archives Agence QMI
Par Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

Les membres du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA) ont un nouveau contrat de travail anticipé. Les travailleurs, notamment ceux du Complexe Jonquière et de l'usine Laterrière, ont ratifié l'entente de principe intervenue avec Rio Tinto Alcan dans une proportion de 89%.

Dans un contexte de fermeture, ils ont réussi à sécuriser des emplois et à obtenir des engagements sur des investissements.

«Compte tenu du contexte économique, c'est intéressant, a déclaré Michel Blanchette, un jeune employé de RTA à Jonquière en sortant d'une assemblée syndicale jeudi matin. Il y a plus de positif que de négatif.»

«En général, c'est satisfaisant. On regarde pour le futur», a renchéri un autre syndiqué, Clermont Roy.

L'entente prolonge la convention jusqu'au 31 décembre 2018 avec droit de retrait des deux parties en 2015. Chaque membre touchera 2500 $ en boni de signature. Mais ce n'est pas le coeur de l'accord.

Sécurité d'emploi à 300 nouveaux travailleurs et fermeture progressive des salles de cuves pré-cuites, condamnées par les lois environnementales en 2014.

«L'usine Arvida est constamment à risques financièrement», a affirmé le chef des opérations de RTA Métal primaire en Amérique du Nord, Étienne Jacques, en parlant de l'ancienne technologie de l'usine Arvida.

«Il fallait trouver des solutions, ou un scénario qui nous permettrait de faire une transition en douceur vers nos scénarios futurs», a-t-il ajouté.

Le président du syndicat, Alain Gagnon, est fier d'avoir trouvé ce terrain d'entente avec la multinationale, surtout sur la sécurité d'emploi. «Ce n'est pas rien, a-t-il dit. J'avais 300 nouveaux employés et on va leur chercher une sécurité d'emploi.»

L'ancien président du SNEAA et maintenant représentant régional de la FTQ, Jean-Marc Crevier, s'est réjoui du tour de force syndical. «Ils n'ont pas le choix, a dit M. Crevier. Ils font face à une menace de fermeture. Mais contrairement à ce qui se passe dans presque toutes les autres usines de la région, il n'y aura pas de gens qui vont être mis à pied.»

Autre gain, une prime de 30 000 $ pour inciter les départs à la retraite. «Moi je suis un futur retraité, a dit Pierre Gagnon qui souhaite prendre sa retraite aussitôt la signature de la convention complétée. Tout est parfait, tout est beau. C'est sûr que je pars avec 30 000 $ de plus dans mes poches.»

Un autre travailleur d'expérience, Roland Lamontagne, a adoré le boulot accompli par ses représentants syndicaux.

«On est en mode fermeture, a-t-il dit. On est une vieille usine. Dans le contexte actuel, on est en train de se positionner pour AP-60. C'est une très bonne décision. Ils ont très bien travaillé. Gardez nos jeunes au travail. Nous autres, on est en fin de carrière. On se dirige vers la retraite. Je pense que tout le monde va avoir son compte là-dedans.»

Cet effet entre la prise de retraite des plus anciens et la sécurité des plus jeunes est un gain significatif pour le président du syndicat, Alain Gagnon.

«En ayant trouvé une façon de sortir par le haut, nos gens du haut vont sortir pis nos jeunes vont se placer, a dit M. Gagnon. Ça laisse une économie majeure dans la région.»
Aussi, RTA investira entre 30 et 50 millions $ d'ici 2017 pour amorcer les phases 2 et 3 de l'AP-60. Si l'engagement est respecté, la convention sera prolongée jusqu'en 2022.

«RTA s'engage à nous démontrer des plans et devis avec un investissement minimum de 1 milliard $ pour les phases subséquentes d'AP-60», a expliqué M. Gagnon.

Il est clair pour l'entreprise que le nouveau contrat de travail est un atout. «Ça nous prend toutes les cartes pour avoir toutes les chances nécessaires d'avoir nos investissements. Là, j'ai deux as», a dit avec le sourire Étienne Jacques.

En contrepartie, le syndicat accepte le recours à la sous-traitance. Pour des emplois périphériques, a-t-il dit.

«On s'entend qu'on est plus payant sur l'aluminium que sur la pelouse. Fais qu'on n'a donné la pelouse. On garde le «core business», a ajouté le leader syndical.

RTA a voulu souligner la volonté et la maturité des deux parties à la table de négociations. «Ça prouve qu'on est capable de toujours trouver des solutions, il s'agit juste de se parler», a évalué M. Jacques.

La prochaine bataille sera de convaincre Québec pour obtenir un délai environnemental de 18 à 24 mois, un sursis pour la fermeture des salles précuites. «C'est 1178 jobs qui sont en jeu au total, a conclu Alain Gagnon, lançant un message aux ministres péquistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Au salaire que l'on gagne, je pense que c'est un dossier qui devient politique.»

La dernière carte appartient donc à Québec pour le prolongement des salles précuites. Rio Tinto Alcan a fait des contacts avec le ministre de l'Environnement. Elle mise aussi sur les trois ministres péquistes dans la région pour convaincre le gouvernement.

 
 
 
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