
Un juge a accordé une injonction provisoire de 10 jours, mardi matin, à des étudiants du Cégep de Sherbrooke qui voulaient retourner en classe, ce qui a semé la colère d'étudiants grévistes.
Le juge Gaétan Dumas a exigé que le cégep reprenne ses cours dès jeudi pour les étudiants qui le désirent, malgré la grève qui en est à sa 7e semaine. Cette injonction est valide jusqu'au 3 mai.
Une centaine d'étudiants ont pénétré dans le pavillon d'administration du cégep de Sherbrooke pour protester contre cette injonction.
Le juge a ordonné à la direction du cégep de prendre tous les moyens nécessaires pour que la reprise des cours se fasse dans l'ordre et la paix. Il donne donc au cégep jusqu'à jeudi matin pour se conformer.
Le juge Dumas a spécifié que les associations étudiantes n'ont pas les mêmes qualifications juridiques qu'un syndicat au sens de la loi et que, par conséquent, elles n'ont pas le droit de grève et encore moins le pouvoir d'empêcher le déroulement des cours et d'imposer le boycottage aux étudiants qui sont contre.
Lundi, 17 étudiants avaient déposé une demande d'injonction afin d'avoir accès à leurs cours réguliers qui ont été interrompus par le conflit concernant la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Charest. L'avocat représentant l'association étudiante du cégep plaidait le fait que la session d'hiver n'était pas en péril.
Dans le pire des scénarios, la session se terminerait au retour des vacances d'été dans la semaine du 24 au 30 août.
«Même si la direction a tenté de minimiser les impacts de la grève, le fait de ne pas terminer à temps constitue en soi un dommage et un tort préjudiciable», a dit le juge.
Jean Lessard, un des 17 demandeurs, ne craint pas les représailles: «L'association étudiante nous a toujours dit qu'elle n'était pas d'accord avec les gestes violents qui ont été posés au Québec. Je fais donc confiance à mon association étudiante pour qu'elle promeuve des actions pacifiques pour la bonne tenue des cours jeudi.»
L'association étudiante discutera de l'injonction avec la direction. «On s'en va en négociations avec l'administration sur ce qui vient de se passer. On ne sait pas ce qui va se passer, mais l'association va respecter l'injonction», a expliqué Catherine Boudin, porte-parole de l'Association étudiante du Cégep de Sherbrooke.
Quelques centaines d'étudiants collégiaux et universitaires ont manifesté devant le palais de justice de Sherbrooke, mardi matin avant le jugement, pour dénoncer le fait que ces étudiants s'adressent aux tribunaux pour obtenir la reprise normale des cours malgré la grève.
Les étudiants scandaient des slogans comme: «Les injonctions ne nous font pas plier».
La manifestation s'est déroulée dans le calme.
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