
«La façon dont ma fille a perdu la vie, il n'y a rien de normal là-dedans. Elle n'a pas eu une mort naturelle», déplore le père de Chantal Lavigne.
Rejoint par téléphone hier, l'homme s'est dit satisfait d'apprendre que des gens avaient été arrêtés en lien avec la mort par sudation de sa fille, il y a un an presque jour pour jour.
La ferme «Reine de la Paix» à Durham-Sud où se déroulaient les traitement de sudation. (Agence QMI)
Tôt hier, Gabrielle Fréchette, 53 ans, Ginette Duclos, 61 ans et Gérald Fontaine, 39 ans, ont été arrêtés à leur résidence respective.
Ils font face à des accusations de négligence criminelle causant la mort de Chantal Lavigne et d'avoir causé des lésions corporelles à une autre dame lors d'une activité de sudation.
Le drame est survenu le 29 juillet dernier au centre de thérapie La Ferme Reine de la Paix, à Durham-Sud. Mme Lavigne participait à un séminaire d'épanouissement personnel.
Allongée sur le sol et recouverte de terre noire, le corps de Chantal Lavigne aurait été enveloppé d'une pellicule plastique jusqu'au cou puis enrobé d'une couverture. Une boîte de carton aurait été placée sur sa tête.
La femme de 38 ans serait restée dans ces conditions au moins cinq heures. Selon le coroner Gilles Sainton, chargé de ce dossier, Chantal Lavigne serait morte «cuite».
«Souffrir comme elle a dû souffrir, ça n'a pas de bon sens. Ça me fait mal de penser à ça», laisse tomber Raymond Lavigne.
Un an après le drame, il avoue avoir encore beaucoup de difficulté à accepter la mort de sa fille.
«C'est les circonstances de son décès qui rendent ça pénible. Je ne comprends pas ce qu'elle faisait là», expose le père, qui n'avait aucune idée que sa fille participait à de tels séminaires.
Ce dernier déplore que sa fille se soit « embarquée » dans une affaire «aussi stupide». Il espère que «ces charlatans» (les accusés) ne feront revivre ça à personne.
Gabrielle Fréchette, Ginette Duclos et Gérald Fontaine ont brièvement comparu hier après-midi au palais de justice de Drummondville. Ils ont ensuite été remis en liberté.
Leur avocat, Me Denis Lavigne, a mentionné que Gabrielle Fréchette offre des formations de développement personnel depuis plus de 20 ans. Cependant, c'était la première fois qu'elle organisait une activité de sudation, mais elle y avait déjà participé.
«Ce qu'on reproche à mes clients c'est d'avoir tenu une activité objectivement dangereuse sans prendre les précautions nécessaires, mais ils ont fait le tout dans les règles de l'art. À tout moment, si une personne ne se sentait pas bien ou à l'aise, elle pouvait se retirer», a déclaré l'avocat.
Il ajoute que la preuve de la poursuite va être très difficile à faire.
«C'est de prouver que toutes les précautions n'ont pas été prises».
Les accusés ont comme conditions de ne pas organiser de séance d'enveloppement et d'enfermement, mais ils ont le droit de tenir des séminaires de développement personnel. D'ailleurs, le centre Reine de la paix est toujours en activité.
Présent à l'audience, le conjoint de Chantal Lavigne, Patrick Naud, s'est d'abord dit content que les procédures se poursuivent. Il a aussi mis en garde la population quant à ces séminaires.
«Je voudrais dire aux gens de faire bien attention avant d'embarquer dans une expérience comme celle-là. Aux États-Unis aussi, il y a eu des morts. Il faut savoir que c'est dangereux», a-t-il dit.
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