
Les solutions aux urgences engorgées, à la pénurie de médecins généralistes et spécialisés: les opinions divergent.
Pendant que l'on débat sur le terrain, une nouvelle formule fait ses preuves: la médecine modulée, qui prévoit une rencontre entre un médecin de famille et son patient aux deux ans.
À la Clinique médicale Belvédère de Sherbrooke, plus de 9000 patients sont traités par 9 médecins généralistes. Le docteur François Roy est l'un d'eux. Il reçoit en moyenne 1100 patients par année, c'est-à-dire une quinzaine par jour. Impensable pour lui d'en faire plus: «Non vraiment pas! Je considère même que j'en ai trop actuellement.»
En plus de ses heures en cabinet, comme tous les médecins de famille, le docteur Roy a d'autres obligations. Par exemple, les soins à domicile et la pratique en hospitalisation. «Je fais aussi une semaine sur quatre en hospitalisation. C'est donc une semaine que je ne suis pas ici à la clinique pour voir les patients que je vois régulièrement.»
Pour l'Association des jeunes médecins du Québec, voici le problème : les médecins généralistes québécois passent 44% de leur temps dans les hôpitaux et non en clinique; c'est le double des autres provinces canadiennes.
Pour leur alléger la tâche, la médecine modulée a été instaurée au cours des dernières années. «Un médecin peut se permettre de voir une clientèle qui est dite «non vulnérable», qui n'a pas besoin d'un suivi régulier, sur une base de 2, 3 ans», a expliqué Marie-France Fournier de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie.
En contrepartie, c'est une infirmière clinicienne ou un autre professionnel de la santé qui assurera le suivi du patient si nécessaire. En Estrie, trois-quarts des 230 médecins des groupes de médecin famille (GMF) appliquent cette formule: «Ça laisse plus de temps aux médecins et ça donne l'opportunité d'avoir une nouvelle clientèle», a précisé Marie-France Fournier.
Une dame qui attendait dans la salle d'attente de la Clinique médicale Belvédère n'avait que du bon à dire sur les soins qu'elle reçoit. Et si le nouveau parti au pouvoir était celui de François Legault et que les médecins se retrouvaient avec une charge de travail plus lourde... «Je me dis que s'il nous laisse 5 minutes avec un médecin c'est ridicule, ce qu'il se dit dans les débats politiques, ça n'a pas de sens!»
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