Moisson Estrie

Un clic pour redémarrer la cuisine

Première publication 19 décembre 2012 à 20h16
Par Josée Cloutier | TVA Sherbrooke

Au lendemain de la distribution des Paniers de l'espoir, les demandes de dépannages alimentaires ont grimpé en flèche chez Moisson Estrie. Une situation qui traduit une fois de plus l'immense besoin. À la veille du lancement de sa 25e campagne de financement, Moisson Estrie caresse un projet: celui de redémarrer les activités de sa cuisine, suspendues faute de fonds.

La cuisine de Moisson Estrie(TVA Nouvelles)

«Notre cuisine était en opération jusqu'à il y a quelques mois. Nous y transformions des denrées pour la préparation de repas, qui étaient ensuite remis à des gens dans le besoin», explique Geneviève Côté, directrice générale de Moisson Estrie. Des cours de cuisine y étaient aussi dispensées. Un pas de plus vers l'autonomie alimentaire. «On accompagne des gens au quotidien, mais les cours représentent un volet hypercomplémentaire. On oublie les choses de base aussi simples que de faire de la compote de pommes.

Moisson Estrie aurait besoin d'une somme de 30 000$ pour redémarrer les activités de sa cuisine. Le concours Kraft nourrit les familles pourrait lui procurer un montant de 5000$ qui serait bienvenue, à condition d'être la banque alimentaire à obtenir le plus de votes sur Internet. «Nous sommes à 5000 clics de différence avec la Mauricie, qui nous a dépassés, mais j'ai espoir que les gens de l'Estrie continuent de nous aider», indique Geneviève.

Avec ou sans l'argent du concours, Moisson Estrie souhaite pouvoir reprendre ses activités en cuisine au cours de la prochaine année. Sans l'appui de Kraft toutefois, le projet pourrait être retardé de quelques mois. «Aussitôt que nous aurons amassé l'argent nécessaire, nous embaucherons une personne pour cuisiner et coordonner les activités. Nous avons déjà une liste de gens intéressés. Plusieurs personnes sur l'aide sociale aimeraient venir travailler avec nous!»

Les lendemains des Paniers de l'espoir

Au lendemain de la plus récente grande Guignolée, Moisson Estrie s'est vu remettre une somme de 40 000$. Les lendemains, toutefois, de la distribution des Paniers de l'espoir sont difficiles. «Normalement, nous répondons à environ 50 demandes par jour. Cette semaine, les demandes ont grimpé jusqu'à 90 par jour», explique la directrice générale. Plusieurs personnes qui se sont vues refuser un Panier de l'espoir ont cogné à la porte de Moisson Estrie.

En plus d'offrir du dépannage alimentaire, l'organisme travaille plus que jamais à accompagner ces bénéficiaires dans leur prise en charge. «Il ne suffit pas de dire nous sommes une épicerie qui peut combler tes besoins. Il faut demander à nos usagers: "Quel est ton plan de match?. Comment crois-tu pouvoir t'en sortir?"», explique Maurice Sammut, président du conseil d'administration.

À quelques jours de Noël, on accueille des parents, qui, pour faire plaisir à leurs enfants, ont coupé dans les achats en alimentation. «Le parent veut faire plaisir, veut passer un Noël comme tout le monde. Il achète pour un, pour l'autre, mais la différence, on la prend dans le réfrigérateur», confie l'administrateur.

Moisson Estrie amorcera dans les prochains jours sa 25e campagne de financement. Des besoins qui, cette année, frôlent le demi-million de dollars.  «Plus que jamais, à cette période-ci de l'année», nous confie Geneviève Bouchard, au moment de remplir un panier de dépannage. «Les clients nous racontent leur histoire, on prend deux minutes, on est là vraiment pour combler besoin. Sinon, on ne sait pas ce qui pourrait arriver. C'est un beau cadeau!»

Et, du coup, pour celui qui a osé demander de l'aide, une partie de dignité est retrouvée...

 
 
 
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