Fermeture de Gentilly-2

Beaucoup de déception, un brin d'optimisme

Première publication 3 octobre 2012 à 17h31
Mise à jour : 3 octobre 2012 à 20h04
TVA Nouvelles

Les réactions n'ont pas tardé à fuser peu après que le gouvernement ait confirmé le démantèlement de Gentilly-2, mercredi après-midi.

Les maires de la région sont mécontents de cette décision qui signe l'arrêt de mort de la centrale nucléaire de Bécancour, un choix qu'ils estiment précipité.

Le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque se dit d'ailleurs plus convaincu que jamais que le gouvernement est sur la mauvaise voie, allant même jusqu'à dire qu'il faut le renverser.

Commission parlementaire

Sur les ondes de LCN, M. Lévesque a réitéré qu'il manquait des éléments pour prendre une décision parfaitement éclairée sur l'avenir de la centrale nucléaire de Bécancour.

«Une commission parlementaire donnerait la vérité à l'ensemble des joueurs et si, à la fin, on en venait à la conclusion que c'est quelque chose qui n'est pas vraiment rentable, on va l'accepter», a déclaré M. Lévesque, cohérent avec ce qu'il a martelé des jours avant l'annonce officielle de la ministre Martine Ouellet.

Au lieu de cela, la ministre des Ressources naturelles et Hydro-Québec se sont contentés de «chiffres qui ne tiennent pas la route» afin de faire un choix «sur le coin d'une table».

«Ils ont pris cette décision le lendemain des élections, alors n'allez pas dire que ce n'est pas de l'improvisation», a soutenu le maire, qui considère que la façon dont ce dossier a été gérée est «inacceptable et cavalière».

«Manque de transparence»

La réaction de la mairesse de Bécancour s'apparente à celle de son homologue trifluvien, alors qu'elle qualifie le geste de Québec de «pied de nez».

«Quand Mme Ouellet parle de transparence et tout, je m'excuse, mais il n'y a eu aucune transparence avec les gens concernés», s'est exclamée Gaétane Désilets.

Réunie pour une autre annonce à teneur économique qui se tenait au même moment, la communauté d'affaires du secteur s'est dite également déçue que les demandes adressées au gouvernement n'aient pas été prise en compte. Une commission parlementaire et une rencontre avec la première ministre avaient été exigées avant que la décision ne soit prise.

De bons côtés

Le son de cloche est plus positif au Centre local de développement (CLD) de la MRC de Bécancour, où l'on relève déjà ses manches.

«Avec 200 millions $, on est capable de faire des choses extraordinaires, parce qu'on a des entrepreneurs, on a tout ce qu'il faut et avec ces investissements-là, on va pouvoir se relever», a lancé pour sa part le président du CLD, Jean-Guy Paré.

Les groupes environnementaux ont aussi applaudi la décision de fermer l'unique centrale économique du Québec.

«Hydro-Québec a pris le temps d'étudier les projets semblables de réfection de centrales nucléaires ayant un réacteur de type CANDU (centrales de Point Lepreau au Nouveau-Brunswick et de Wolsong en Corée du Sud), et a été forcée de constater les importants dépassements de coûts et les retards qui n'en finissaient plus», a déclaré Steven Guilbeault, directeur général adjoint d'Équiterre, par communiqué.

En conférence de presse, mercredi, la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet a confirmé que la centrale nucléaire Gentilly-2 serait déclassée et démantelée dès le 28 décembre prochain.

Cette fermeture affecte 736 travailleurs. Québec a toutefois indiqué qu'un fonds de 200 millions $ serait débloqué pour des fins de diversification économique dans la région touchée.

Le démantèlement de la centrale devrait s'étaler sur une période de 50 ans.

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