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Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) souhaite porter la cause de Guy Turcotte en appel, tel qu'il en a fait l'annonce dans un communiqué publié vendredi après-midi.
La Couronne a manifesté cette intention après avoir procédé à l'analyse des directives que le juge Marc David, de la Cour supérieure, a données au jury avant ses délibérations.
«Le DPCP estime que le juge Marc David a erré en droit sur des points susceptibles d'avoir influencé le jury dans ses conclusions quant à la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux», indique le communiqué.
Le DPCP s'adressera donc sous peu à la Cour d'appel du Québec, qui doit accepter sa demande avant que le dossier soit porté en appel, rappelle Me Robert Lahaye.
Rappel des faits
Le 5 juillet, au palais de justice de Saint-Jérôme, le jury avait conclu à l'unanimité que les troubles mentaux qui affligeaient l'ancien cardiologue l'empêchaient de comprendre la portée de ses gestes lorsqu'il avait asséné une vingtaine de coups de couteau à chacun de ses deux enfants, le soir du 20 février 2009, à Piedmont.
L'homme de 39 ans avait réagi à l'annonce du verdict en fermant les yeux et en poussant un soupir de soulagement.
La mère des victimes, la Dre Isabelle Gaston, avait pour sa part dit aux journalistes qu'elle craignait de ne «pas survivre [...] à cette injustice».
«Les adultes n'ont pas le droit de vie ou de mort sur les enfants. [...] Il devra vivre avec ça toute sa vie», avait-elle déclaré, la voix étranglée par l'émotion.
Au sujet d'un éventuel appel, la Dre Gaston avait dit d'un ton catégorique: «Je peux vous garantir que je ne retournerai jamais à un procès. Pour moi, c'est terminé.»
La nouvelle s'était répandue comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, au plus fort de la nouvelle, un nouveau message étiqueté #Turcotte était publié toutes les trois secondes.
Un sondage commandé à Léger Marketing par l'Agence QMI, et publié une semaine après la tombée du verdict, indiquait qu'une majorité de Québécois voudraient modifier le Code criminel pour que la défense des troubles mentaux soit plus difficile à utiliser. Près des trois quarts des personnes sondées étaient d'accord pour que la loi soit changée.
Les deux tiers des répondants étaient en désaccord avec la décision des 11 jurés.
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