Report de la cause de Guy Turcotte

Des «allégations sérieuses»

Première publication 13 août 2011 à 07h23
Des «allégations sérieuses»
Crédit photo : Agence QMI
Par Éric Thibault | Le Journal de Montréal

Une mystérieuse lettre de dernière minute d'une femme ayant côtoyé Guy Turcotte et soulevant des «allégations sérieuses» sur sa dangerosité est venue prolonger le suspense dans cette affaire.

La Commission d'examen des troubles mentaux (CETM) devait tenir son audition pour déterminer si l'ex-cardiologue, déclaré criminellement non responsable des meurtres de ses enfants, peut être libéré ou non, hier après-midi, à l'Institut Pinel.

Après une heure et demie de retard, le tribunal a toutefois décidé de reporter la cause au 4 novembre prochain, en raison des «informations importantes» contenues dans ce document intrigant qui nécessitera une enquête.

Guy Turcotte demeurera donc détenu pendant au moins les trois prochains mois dans cette institution psychiatrique, en attendant que la CETM prenne une décision basée sur son état mental actuel et son niveau de dangerosité pour la sécurité publique.

Elle dit le connaître

Le Journal de Montréal a appris qu'il s'agit d'une femme qui prétend connaître Turcotte et qui aurait eu des contacts assez récents avec lui.

Il ne s'agit toutefois pas d'un témoin interrogé durant l'enquête policière de la Sûreté du Québec sur la mort violente d'Olivier, 5 ans et d'Anne-Sophie, 3 ans, poignardés à répétition le soir du 20 février 2009, à Piedmont. Ni de quelqu'un de la famille de l'homme de 39 ans ou de celle de son ex-conjointe, Isabelle Gaston.

«Le contenu de cette lettre reste confidentiel pour le moment. On parle cependant d'allégations sérieuses qui pourraient avoir un impact sur l'évaluation du statut de M. Turcotte», a dit Me Jean-Claude Hébert, le porte-parole du Tribunal administratif du Québec, au sujet de ce coup de théâtre «exceptionnel» dans l'histoire de la CETM.

Me Hébert a précisé que la Commission a reçu, jeudi, cette lettre expédiée par la poste et signée d'une citoyenne qui s'est identifiée et ayant "un intérêt dans la cause".

Quelques instants avant que le commissaire Médard Saucier n'an-nonce la remise de l'audience, des gardiens de sécurité avaient escorté à l'extérieur de la salle les parents, frères et soeurs de Guy Turcotte qui étaient présents.

Interrogée

La dénonciatrice sera interrogée par la Commission dans les meilleurs délais. Si ses dires s'avèrent fondés, elle pourrait être appelée à témoigner lors de l'audition du 4 novembre. La Sûreté du Québec n'a pas ouvert d'enquête criminelle dans ce rebondissement «pour l'instant», selon la capitaine Ginette Séguin.

«Je suis très surprise», a réagi la mère d'Isabelle Gaston et grand-mère des deux petites victimes, seule représentante de sa famille présente hier.

Une psychiatre expert ayant témoigné pour la défense de Turcotte à son procès, la Dre Dominique Bourget, s'était déplacée d'Ottawa pour assister à l'audience, mais a quitté l'Institut Pinel sans se faire entendre.

Les avocats de Turcotte, Me Pierre Poupart, et de la Couronne, Me Marie-Nathalie Tremblay, n'ont pas commenté cette volte-face inattendue. La défense a consenti à cette remise, bien que son client ne soit pas fixé sur son sort dans le délai prescrit par la loi, soit dans les 90 jours suivant le verdict, a mentionné Me Hébert.

Une situation comparable s'était produite en 2006, alors que la Commission nationale des libérations conditionnelles a ajourné son audience sur Guy Cloutier, après réception d'un courriel d'une personne qui se prétendait victime d'abus sexuels de l'ex-imprésario. L'affaire était restée sans suite.

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