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Consultez notre dossier sur le procès Shafia
À la lumière du procès de la famille Shafia, l'avocat Julius Grey croit qu'il faut rejeter le multiculturalisme tel qu'il est conçu au Canada.
«Je pense que le Canada est allé beaucoup trop loin dans le multiculturalisme et dans l'acceptation des coutumes et des façons de vivre d'autres pays. On n'a pas l'obligation de le faire et ce n'est pas salutaire de le faire», estime le spécialiste des droits et libertés individuelles.
Tour de Babel à l'horizon
La Loi sur le multiculturalisme canadien, entérinée en 1988, reconnaît «pleinement et également tous les canadiens en tant que participants dans la société canadienne». Depuis son adoption, cette loi s'est attiré les critiques de nombreux intervenants et commentateurs puisqu'elle favorise, selon eux, la formation de ghettos culturels, ce qui menace la survie du tissu social.
«Le multiculturalisme [...] va créer des groupes différents qui ne se comprennent pas», ajoute l'avocat bien connu.
Me Grey réagit ainsi à l'issue du très médiatisé procès de la famille Shafia, au cours duquel le père, sa deuxième épouse et leur fils ont été jugés coupables du meurtre prémédité des trois filles de la famille et de la première femme du père. Le verdict est tombé dimanche au palais de justice de Kingston, en Ontario.
Pour Me Grey, cette histoire est une preuve que le Canada n'a pas réussi à intégrer correctement la famille Shafia et à leur faire partager les valeurs fondatrices du pays.
Devoir d'information
L'avocat se dit persuadé qu'«une société doit avoir une culture commune [...] à laquelle tout le monde contribue, et qui accueille les nouveaux arrivants» sans leur interdire de porter, par exemple, le foulard ou le kirpan qui leur sont chers.
Pour ce faire, il faudrait mieux renseigner ceux qui aspirent à habiter au Canada, poursuit l'avocat, et ce, «aussitôt que les immigrants font application pour venir ici».
«Le but, c'est de fondre tout le monde. Si vous venezf au Canada, il est très probable que vos petits-enfants ne parlent plus votre langue. Il faut informer les futurs immigrants que quand ils viennent au Canada, ils amènent leur culture, mais leurs petits-enfants seront Canadiens comme nous, Québécois comme nous», juge l'avocat.
En définitive, ceux qui choisissent le Canada doivent s'attendre à ce que les générations qui les suivent vivent à l'occidentale. Et «c'est dans l'intérêt des membres des différentes communautés de se fondre dans la société».
Ne pas mettre tous les œufs dans le même panier
Julius Grey croit enfin qu'il faut se garder de diaboliser le monde musulman ou la culture afghane. «N'oublions pas [que des histoires comparables à celle des Shafia] sont arrivées dans des communautés différentes.»
Me Grey insiste donc sur l'importance d'éviter les généralisations hâtives. «Il y a beaucoup de gens qui ne sont pas criminalisés et qui ne doivent pas être pénalisés d'aucune façon», conclut-il.
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