Procès pour meurtre de Jacques Delisle

Contre-interrogatoire serré pour le pathologiste

Première publication 15 mai 2012 à 14h00
Mise à jour : 15 mai 2012 à 19h17
TVA Nouvelles

Le pathologiste André Bourgault, qui procédé à l'autopsie de Marie-Nicole Rainville, a eu droit à un contre-interrogatoire serré de la part de l'avocat de l'ex-juge Jacques Delisle, Me Jacques Larochelle.

Lundi, on le sait, le pathologiste a réfuté la thèse du suicide, expliquant que, compte tenu des traces de poudre retrouvées sur sa main, qui provenaient de l'extrémité du canon de l'arme, Mme Rainville ne pouvait pas avoir appuyé elle-même sur la détente du pistolet de calibre .22.

Me Larochelle s'est longuement attardé, dans ses questions, sur la nature de la blessure à la tempe de Marie-Nicole Rainville, sur les déformations du projectile qui a été retrouvé dans son crâne et sur la trajectoire du projectile.

Son hypothèse: la balle aurait pu être tirée perpendiculairement, puis, dévier de sa trajectoire à l'intérieur de la boîte crânienne.

Mais le pathologiste est demeuré formel. Si la nature de la blessure ne permet pas de déterminer l'angle de pénétration du projectile, sa trajectoire, depuis la tempe gauche vers l'arrière du crâne, impliquait que le canon de l'arme n'était pas perpendiculaire à la tempe.

Selon lui, la main gauche de Marie-Nicole Rainville se trouvait alors au-dessus du canon de l'arme, ce qui explique les traces de poudre dans sa paume.

Quant à la possibilité que la balle ait pu être déviée à l'intérieur de la boîte crânienne, le pathologiste croit que c'est impossible et que sa trajectoire était rectiligne.

Rapport toxicologique sans histoire

L'avant-midi s'est conclu par le témoignage de Nathalie Goudreau, toxicologue judiciaire.

Ses constatations : le corps de Marie-Nicole Rainville ne contenait aucune trace d'alcool. On y a cependant trouvé des traces d'anti-dépresseur, d'anticoagulant et de médicaments contre l'angine de poitrine et l'hypertension, le tout, dans les limites de ce qui est normalement prescrit à une personne malade.

L'ADN de la victime sur le pistolet

Et puis, en après-midi, une biologiste du Laboratoire d'expertise judiciaire, France Gingras, est venue expliquer qu'on l'avait mise à la recherche de traces d'ADN et d'empreintes digitales sur trois éléments : le pistolet de calibre .22, son chargeur et la boîte dans laquelle le pistolet avait été rangé. Elle a aussi analysé le sang de Marie-Nicole Rainville.

Ses constatations : il y avait des traces de deux profils d'ADN sur la boîte, mais pas assez pour qu'ils soient identifiables. De même, elle n'a rien trouvé sur le chargeur, alors que, sur le pistolet, elle n'a trouvé que de l'ADN de Mme Rainville.

Pourtant, on le sait, Jacques Delisle avait déclaré aux policiers qu'il avait enlevé le chargeur de l'arme pour la «sécuriser».

Au début du procès, un technicien en scènes de crimes avait expliqué qu'il n'avait pas trouvé d'empreintes digitales sur l'arme, mais qu'elle portait des traces de brossage, comme si elle avait été nettoyée.

Le procès pour meurtre de Jacques Delisle se poursuit mercredi avec le fort attendu témoignage d'un expert en ballistique.

 
 
 
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