Procès de l'ex-juge Delisle

Possible de tirer, mais...

Première publication 17 mai 2012 à 13h09
Mise à jour : 17 mai 2012 à 19h03
Agence QMI et TVA Nouvelles

La femme de l'ex-juge Jacques Delisle aurait pu se tirer une balle dans la tête et avoir un tatouage de fumée dans la paume si elle avait fait feu en ayant main à l'envers sur l'arme.

Cette hypothèse, présentée par la défense, implique toutefois plusieurs contradictions avec la preuve présentée jusqu'ici.

La neuvième journée du procès du juge à la retraite Jacques Delisle, accusé du meurtre prémédite de sa femme, s'est ouvert ce matin avec la poursuite du témoignage de l'expert en balistique.

Contre-interrogé par l'avocat de Jacques Delisle, Me Jacques Larochelle, Gilbert Gravel, expert en balistique, a admis qu'il est «faisable», mais «peu évident» que Marie-Nicole Rainville ait pu se tirer une balle dans la tempe avec sa main gauche, d'autant qu'elle était de constitution frêle.

Par ailleurs, en mettant sa main «à l'envers» sur le pistolet pour y arriver, la douille aurait été éjectée dans sa main et l'arme n'aurait pu se recharger automatiquement, puisque le pouce aurait bloqué la culasse, ce qui ne concorde pas avec les éléments de preuve présentés jusqu'ici.

En effet, rappelons que le matin du 12 novembre 2009, l'arme avait été retrouvé au sol, avec une balle dans le chargeur. Qui plus est, la douille se trouvait sur une table adjacente au sofa où reposait Marie-Nicole Rainville.

Me Jacques LarochelleMe Jacques Larochelle, avocat de l'ex-juge Jacques Delisle (Photo: Agence QMI)

Malgré les questions répétées et démonstrations de Me Larochelle, le balisticien a réitéré sa conclusion dans cette affaire: au moment du tir, Marie-Nicole Rainville aurait eu la main près de la tempe et de la bouche du canon, pendant qu'un tiers faisait feu. Il s'agissait là, pour lui, d'une "position de défense".

L'expert a aussi déposé divers documents vidéo. Dans le premier, on voit qu'il faut utiliser deux mains pour armer le pistolet et on a droit à un tir au ralenti, qui permet d'observer la sortie de la fumée et de la poudre au bout du canon.

mains comparéesLa trace de poudre et de suie dans la main de Marie-Nicole Rainville et celle dans une main de plâtre

Dans un autre document, rendu public cet après-midi, on voit un essai de tir sur une tête en plâtre en simulant les conditions selon lesquelles se serait déroulé le tir, s'après la poursuite. L'essai a permis de produire des résultats comparables à la blessure à la tête de Marie-Nicole Rainville et à la trace de poudre dans la paume de sa main gauche.

Le contre-interrogatoire très serré de l'expert en balistique s'est pousuivi durant tout l'après-midi, au point où il a senti le besoin de demander à l'avocat Larochelle d'être plus poli dans ses questions et observations. Mais Gilbert Gravel a continué de soutenir la thèse du meurtre.

Vendredi, la Couronne présentera le témoignage d'un deuxième expert en balistique.

En vidéo

 
 
 
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