Procès Delisle

La défense croit avoir semé le doute

Première publication 6 juin 2012 à 12h36
Par Kathryne Lamontagne | Agence QMI

Affirmant que la preuve présentée par la Couronne est «faible» et qu'elle «tend vers le suicide», Me Jacques Larochelle a demandé au jury de rendre le «seul verdict qui s'impose» et d'acquitter l'ex-juge Jacques Delisle, accusé du meurtre prémédité de sa femme.

C'est devant une salle bondée que la défense a effectué sa plaidoirie, hier, exposant les différents éléments visant à prouver que Jacques Delisle n'a pas tué Marie-Nicole Rainville, qui se serait plutôt enlevé la vie, le 12 novembre 2009.

Critiquant la théorie du meurtre planifié avancée par la Couronne, le procureur a affirmé que son client aurait eu un «drôle de plan» pour déguiser son acte en suicide. En effet, son «plan» l'amenait à s'impliquer, à énoncer des «remarques stupides» aux policiers et à leur confier qu'il détenait une arme prohibée et chargée, ce qui constitue une infraction grave.

«Il est intelligent ; il est juge. Est-ce qu'un homme aussi intelligent se conduit aussi stupidement s'il a planifié son geste ?», a demandé Me Larochelle. Pour lui, ces éléments «stupides» ne prennent leur sens que s'ils se sont produits dans un cas où M. Delisle apprend le suicide de sa femme, et non pas s'il a tué cette dernière.

Mobiles nébuleux

Le procureur a aussi remis en question les mobiles avancés par la Couronne dans cette affaire, qui laisse entendre que Jacques Delisle aurait été prêt à «tuer» pour rejoindre sa maîtresse et éviter de payer un divorce de 1,4 million, alors qu'il était plutôt de nature généreuse. «Est-ce que la preuve est à l'effet qu'il était tellement amoureux, passionné, fougueux à 75 ans qu'il voulait la rejoindre au prix d'un meurtre?», a-t-il demandé, ajoutant du coup qu'il aurait été plus «simple» de placer sa femme en résidence adaptée pour aller «bécoter» sa maîtresse, ce qu'il n'a pas fait.

Suicidaire

En début de plaidoirie, Me Larochelle a rappelé que la vie de Mme Rainville avait littéralement «basculé» après son AVC, survenu en avril 2007, qui l'a laissée paralysée de tout le côté droit. De femme «enjouée» qui possédait une «belle vie», elle était devenue «dépressive». «Elle était très suicidaire», a-t-il lancé.

Soulignant le comportement «admirable» de l'accusé envers son épouse, Me Larochelle s'est questionné à savoir pourquoi son client aurait «abattu froidement» la mère de ses enfants, après s'en être si bien occupé durant toutes ces années.

Semer le doute

Me Larochelle a terminé sa plaidoirie en affirmant qu'il se «flattait» d'avoir semé le doute dans cette affaire. Qui plus est, les «victimes» dans ce dossier, soit les proches de Mme Rainville, sont toutes ralliées à l'accusé. «Le verdict de culpabilité profiterait à qui? Quelques policiers? Quelques procureurs? Ce n'est pas assez», a-t-il conclu. La Couronne entamera sa plaidoirie jeudi.

 
 
 
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