
Récit troublant au palais de justice de Longueuil, jeudi, lors de la reprise des représentations sur sentence pour Maxime Daigneault-Martel, reconnu coupable de sévices sur sa conjointe et sur l'enfant de cette dernière. La procureure de la couronne a énuméré la longue liste des conséquences avec lesquelles le bambin maintenant âgé de quatre ans devra vivre.
Brutalisé à plusieurs reprises par l'accusé, le garçon conservera de lourdes séquelles des événements. C'est la raison pour laquelle la procureure de la couronne a demandé une peine de huit à dix ans de pénitencier pour le jeune homme de 23 ans, qui a des antécédents de voies de fait et menaces, dont plusieurs alors qu'il était mineur.
La défense, pour sa part, voudrait qu'une peine de deux ans au moins soit imposée, soulignant que l'accusé a davantage besoin d'aide que de passer des années derrière les barreaux, lui qui a souffert d'un père violent et d'une enfance difficile.
«L'agent de probation a souligné que ça serait un jeune qui aurait besoin d'un suivi psychiatrique, de la thérapie pour hommes violents», a indiqué Me Alain Dubois, qui représente l'accusé.
(Crédit photo: TVA Nouvelles)
La mère du bambin a exhibé les brûlures sur les bras du petit, qui ont laissé des cicatrices bien visibles.
Puis, la procureure a raconté que le jour où il a été transporté à l'hôpital, en arrêt respiratoire, l'enfant de deux ans a dû être hospitalisé pendant trois semaines. Il se trouvait dans un très mauvais état: il avait des lésions sur les parties génitales parce que l'accusé lui attachait une ceinture à cet endroit.
Il souffrait également de maux de têtes et de vomissements, en plus d'être dans un état léthargique.
Le bambin a aussi dû être opéré à un œil à la suite d'une hémorragie au niveau de la rétine. L'intervention a été réalisée sous anesthésie générale.
«Lors du dernier événement, en fait, le choc a été important, à un point tel que le médecin du Children avait comparé ce qu'elle voyait comme dommage, comme blessure, à un choc causé par un accident d'automobile», explique Me Nathalie Legault, procureure de la Couronne.
Selon la Direction de la protection de la jeunesse, l'enfant, maintenant en famille d'accueil, est en proie à des épisodes de colère, d'anxiété et d'angoisse, en plus de faire des crises de larmes et de s'isoler régulièrement.
L'accusé, qui a plaidé coupable à 15 chefs d'accusation en avril dernier, dont voies de fait graves, voies de fait causant des lésions, séquestration et menaces de mort, est resté impassible tout au long du troublant récit. Selon un rapport d'expertise, il semble qu'il éprouve peu de remords et qu'il minimise la portée de ses gestes.
La mère du petit garçon assiste aux représentations. À plusieurs reprises, elle a regardé Daigneault-Martel avec beaucoup de colère dans les yeux. Elle souffre toujours de stress post-traumatique, de dépression majeure, et démontre de la culpabilité, elle qui vivait sous le joug de l'accusé dans un climat de terreur.
La famille du jeune homme, aussi présente, est plus discrète.
La sentence sera rendue en octobre.
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