
Un jeune homme de 20 ans payera cher une soirée trop arrosée du mois dernier. Pour avoir causé la mort de son colocataire dans un accident où se mêlaient vitesse et conduite en état d'ébriété, François Duguay-Bernier a écopé d'une sentence de quatre ans de pénitencier.
L'émotion était palpable lors de l'audience, où l'accusé a plaidé coupable de conduite avec facultés affaiblies ayant causé la mort. Tandis que les proches de l'accusé et de la victime pleuraient dans la salle, Duguay-Bernier s'est évanoui, alors que la Couronne rappelait les circonstances du drame.
La nuit du 22 juillet dernier. Duguay-Bernier était sorti avec des amis dans une boîte de nuit de Brossard. Parmi le groupe se trouvait Miguel Laurin, le colocataire de l'accusé. Ils se connaissaient depuis trois mois, mais malgré tout Duguay-Bernier affirmait qu'ils étaient de très bons amis.
Après avoir consommé bières et «shooters», même si une condamnation antérieure le lui interdisait, l'accusé a pris le volant malgré un taux d'alcoolémie d'environ deux fois et demie supérieure à la limite permise.
Roulant à 130 km/h dans une zone de 50, il a perdu le contrôle de son véhicule avant de heurter deux arbres et le mur d'une résidence. Miguel Laurin, qui se trouvait sur la banquette arrière, n'a pas survécu à l'accident.
Lors de l'audience de mercredi au palais de justice de Longueuil, le père du défunt a tenu à témoigner. En pleurs, Daniel Laurin a rendu hommage aux qualités de son fils et souligné la douleur que le décès a causée à sa famille.
«Comment expliquer à sa sœur de 8 ans que son frère est parti? a-t-il dit en larmes. Dans le fond, c'est nous (la famille) les victimes. Ma vie est brisée. Elle est hypothéquée. Je ne sais plus quoi faire.»
Serge Bernier, le père du condamné, s'est également adressé à la Cour. Il a expliqué que la situation était «très difficile» à vivre pour sa famille, même s'il a convenu qu'il ne pourrait «jamais comprendre» comment devait se sentir la famille de la victime.
Il a cependant demandé au juge de rendre sa sentence en prenant en compte la réhabilitation de son fils.
«On pense sincèrement qu'il peut s'en sortir, a affirmé M. Bernier. Il faut essayer de faire en sorte qu'il devienne quelqu'un de bien.»
En plus des quatre ans de pénitencier, l'accusé s'est vu frappé d'une interdiction de conduire pour les 75 prochains mois.
Avant de rendre sa sentence, une suggestion commune des parties, le juge Pierre Belisle s'est adressé à l'audience pour commenter le crime et pour justifier sa décision.
«C'est un crime commis par insouciance, a dit le magistrat. Ces jeunes-là ne sont pas conscients de leurs gestes.»
Et si la sentence peut sembler clémente pour certains, le juge a expliqué avoir les mains liées par la jurisprudence, qui impose des peines de trois à six ans pour des cas similaires.
«Quand bien même je voudrais donner huit ans, la Cour d'appel me ramènerait à l'ordre, a expliqué le magistrat. Est-ce que la peine est suffisante pour décourager [ce crime]? Je n'en suis pas convaincu, mais la Cour d'appel l'est.»
Le juge s'est d'ailleurs questionné sur l'impact que des peines sévères pouvaient avoir sur la population. «Ça fait souvent réfléchir le monde déjà responsable», a-t-il dit.
Selon le calcul des avocats, François Duguay-Bernier pourrait bénéficier d'une libération conditionnelle dans environ 15 mois.
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