Morte au centre jeunesse

Le père réclame 1M$

Première publication 17 octobre 2012 à 17h06
TVA Nouvelles

Plus d'un an et demi après la mort tragique de Rebecca Lévesque, TVA Nouvelles a appris que la famille intentera une importante poursuite contre le Centre jeunesse de Chaudière-Appalache set des membres de son personnel au cours des prochain jours.

Selon une source proche de la famille, Martin Lévesque, le père de Rebecca, va réclamer près de 1 million $ en dommages et intérêts au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches et à cinq personnes dont des membres du personnel, pour le décès de sa fille survenu dans l'établissement de Lévis.

Dans une mise en demeure envoyée au mois de mai, M. Lévesque réclamait 250 000 $ pour les souffrances endurées par Rébecca dans les heures précédant sa mort et 350 000 $ pour les dommages qu'il a subis depuis le décès de sa fille. Une somme de 100 000 $ était exigée à titre de dommages punitifs. Enfin, il réclamait 50 000 $ chacun à cinq membres du personnel qui auraient eu, directement ou indirectement, un rôle à jouer dans la série d'événements qui ont mené au décès de l'adolescente.

Martin LévesqueMartin Lévesque, père de Rébecca, et son avocat, Jean-François Bertrand.

L'adolescente de 15 ans était morte dans des circonstances troublantes au centre jeunesse, dans la nuit du 12 au 13 février 2011. Le personnel de l'établissement avait refusé de l'amener à l'hôpital, même si elle présentait des symptômes inquiétants : diahrée, vomissement, tremblement, température corporelle élevée, hallucinations.

Croyant qu'elle feignait d'être malade, des membres du personnel lui avaient donné deux comprimés de Tylenol et l'avaient laissée dans sa chambre. Le lendemain, on la découvrait, morte, dans son lit. Elle avait été emportée par une septicémie.

Martin Lévesque invoque le «comportement empreint de négligence grave, de mauvaise foi et d'intention malicieuse à l'endroit de Rébecca au cours des dernières heures de sa vie et ayant conduit à son décès».

Il s'appuie notamment sur les conclusions du coroner Luc Malouin à l'effet que la mort de Rebecca aurait pu être évitée. Le coroner relevait d'importantes lacunes dans la manière dont la jeune fille avait été encadrée et blâmait les intervenants de l'établissement pour leur inaction et leur surveillance inadéquate.

Ni l'avocat de la famille, ni le Centre jeunesse de Chaudière-Appalaches n'ont retourné les appels de TVA Nouvelles. L'établissement avait déjà admis qu'il y avait eu manquement à son protocole d'intervention.

Sur trois intervenantes impliquées, une a remis sa démission, une autre est en congé de maladie et la dernière est toujours a l'emploi du Centre jeunesse.

La famille avait demandé une enquête publique sur la mort de Rebecca, ce que Québec avait refusé.

C'est donc par la voie des tribunaux qu'elle entend maintenant obtenir justice.

 
 
 
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