
20 ans après le meurtre d'un couple de personnes âgées à Sainte-Monique, au Lac-Saint-Jean, Daniel Tremblay, Benoît Girard et Marc Simard, les auteurs des meurtres, demeurent sous surveillance.
Des documents obtenus par TVA Nouvelles démontrent que la Commission nationale des libérations conditionnelles hésite à acquiescer à toutes leurs demandes.
La commission juge inacceptables certains risques pour la société. Le cheminement de l'un des meurtriers surtout en est une démonstration.
En janvier 1992, trois hommes sont amenés en justice pour le meurtre d'un couple de Sainte-Monique. Un vol dans la résidence du couple Lindsay aurait mal tourné.
Daniel Tremblay abat l'homme de deux projectiles dans la nuque et tue sa conjointe d'une balle au visage avant de lui fracasser le crâne avec son arme. Son complice Benoit Girard, présent dans la maison, participe à la mort du couple.
Le juge au procès de Tremblay a dit que ces deux meurtres constituent un acte de lâcheté, de sauvagerie et de brutalité extrême. Tremblay a écopé d'une peine à perpétuité pour meurtre au second degré avec admissibilité à une libération conditionnelle au bout de 18 ans. Girard aussi aura la perpétuité pour homicides involontaires.
Dès 1999, Girard obtient une semi-liberté puis une libération conditionnelle totale en août 2000. Mais chaque permission se solde par un échec. À cinq reprises en onze ans, la commission le renvoie au pénitencier, car Girard a subi un test de dépistage positif, entre autres, à la cocaïne.
Même qu'en 2009, ivre au volant, il emboutit une voiture arrêtée à un feu rouge et se réveillera incarcéré. En février dernier, la Commission lui accorde une autre semi-liberté. Elle vient d'être prolongée jusqu'en mars 2013.
Daniel Tremblay, lui, est remis en liberté conditionnelle totale en janvier 2011, 19 ans après le crime. Son comportement est qualifié d'exemplaire dans le système carcéral. Il vit une relation amoureuse depuis plus de huit ans, a repris contact avec sa famille, est sobre et est retourné sur le marché du travail.
«C'est la première fois depuis l'âge de 14 ans que vous vivez en conformité avec les règles sociales. Avant, toujours selon vos dires, vous buviez et détruisiez tout autour de vous», écrit la commission.
L'organisme est convaincu que les mauvaises fréquentations peuvent encore jouer un rôle dans la vie de Tremblay.
Au printemps dernier, à 50 ans, il a tenté de faire retirer la condition de ne pas communiquer avec toute personne ayant un casier judiciaire.
En mai, la commission a refusé: «vos fréquentations se doivent d'être choisies et surveillées. Cette condition demeure raisonnable et nécessaire afin de protéger la société et favoriser votre réinsertion sociale».
Le troisième homme impliqué, Marc Simard, qui au moment du vol, était à l'extérieur de la résidence, a terminé de purger une peine de dix ans, notamment pour complicité après le fait.
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