Mort par asphyxie de la partenaire sexuelle de Deschatelets

Le mystère persiste

Première publication 26 octobre 2012 à 22h31
Le mystère persiste
Crédit photo : Agence QMI
Par Valérie Gonthier | Agence QMI

Deux semaines de procès n'ont pas permis de déterminer comment la partenaire sexuelle de Patrick Deschatelets en est venue à s'asphyxier à mort alors qu'elle avait été laissée seule, attachée à une chaîne.

Entre le moment où Deschatelets va acheter des pâtes à l'épicerie et celui où il retrouve sa compagne inconsciente dans le sous-sol chez lui, personne ne sait ce qui s'est réellement produit.

En quittant sa résidence un peu avant 19h le soir du drame, il laisse seule sa partenaire sexuelle dont on ne peut révéler l'identité. Il lui attache les pieds à une barre d'espacement, accroche une chaîne au large collier métallique à son cou et menotte ses mains.

Décédée par pendaison

Lorsque l'homme accusé d'homicide involontaire et de négligence criminelle revient à la maison «10 à 15 minutes plus tard», la femme est pendue au bout de la chaîne, les genoux pliés. Elle est inconsciente.

La Couronne et la défense s'entendent sur une chose: la victime est décédée d'asphyxie par pendaison.

Mais comment en est-elle venue à se pendre? A-t-elle eu une faiblesse? A-t-elle perdu pied sur le petit tapis tissé sur lequel elle se trouvait? Où a-t-elle expérimenté une forme d'auto-érotisme, qui consiste à couper sa respiration pour augmenter le plaisir sexuel?

Ce sont là des hypothèses plausibles, a dit la pathologiste Yasmine Ayroud lors du procès de Deschatelets, agissant comme témoin expert pour la défense.

«Mais personne ne va pouvoir prouver ces possibilités», a-t-elle mentionné, ajoutant que cette mort est accidentelle.

État précaire

«Est-ce que le fait que quelqu'un qui a peu dormi, qui n'a pratiquement pas mangé et qui ne s'est pas hydraté normalement peut expliquer l'affaissement?», a questionné Me Marie-Claude Morin, de la Couronne.

La Dre Ayroud a répondu que dans un tel cas, elle s'attendrait à ce que la personne avertisse qu'elle se sente faible.

«Mais si cette personne est dans un contexte de soumission, qu'en est-il?» a répliqué la procureure de la Couronne.

Les plaidoiries des avocats se dérouleront le 5 novembre prochain, devant le juge Claude Provost.

Poursuivi pour 350 000$

En laissant seule sa partenaire sexuelle lors de jeux sadomasochistes fatals, Patrick Deschatelets a agi avec «insouciance et imprudence», croit la famille de la victime.

En plus du procès qu'il subit au palais de justice de Longueuil pour négligence criminelle et homicide involontaire, Deschatelets est poursuivi au civil.

La requête déposée en février 2011 est intentée par la mère, la sœur et le fils de la femme que Deschatelets a retrouvée inconsciente chez lui, le 23 février 2008.

Laissée «sans aide»

N'eut été de la négligence de Patrick Deschatelets le soir du drame, la femme ne serait pas décédée, croit la famille de la victime, qu'on ne peut nommer en raison d'une ordonnance de non-publication.

Patrick Deschatelets aurait ainsi «contribué à la mort [de la femme], laissant celle-ci sans aide, avec des équipements dangereux pour sa vie et dans un contexte d'endurance».

Les proches de la femme demandent 350 000$, afin de compenser cette «perte douloureuse».

La presque totalité de cette somme est réclamée par le fils de la victime qui est mineur. Il demande 150 000$ pour «la douleur ressentie, la détresse et la peine» toujours persistante depuis le drame et 100 000$ en apport économique pour compenser l'absence de sa mère.

La mère et la sœur de la victime réclament 50 000$ chacune.

 
 
 
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