Vers la fin du mois de février

La mère d'Élisa T. sortira de prison

Première publication 9 janvier 2013 à 19h26
Par Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

La mère d'Élisa T. sortira de prison vers la fin du mois de février. La Commission nationale de libération conditionnelle a accordé mercredi à Gemma Angers une libération conditionnelle totale lorsqu'elle aura purgé le tiers de sa peine de 10 ans.

La mère marâtre reconnaît maintenant les faits et aimerait demander pardon pour des sévices physiques qu'elle a fait subir à deux de ses enfants pendant 14 ans, dans les années 50, 60 et 70.

La prisonnière de 76 ans sortira bientôt du pénitencier parce qu'elle représente un risque faible de récidive et de violence. Dans sa décision, la Commission nationale des libérations conditionnelles lui impose deux conditions: ne pas communiquer avec ses victimes et ne pas séjourner au Lac-Saint-Jean.

Au pénitencier, Gemma Angers n'a complété aucun programme correctionnel étant donné sa faible scolarité et ses problèmes cognitifs. Mais lors de rencontres avec des intervenants, ils ont noté des améliorations. «Vous ne niez plus les faits reprochés [...] Votre cheminement vous a aussi amené à exprimer des regrets sincères que vous avez verbalisés en audience. Ceci tranche avec votre état d'esprit du début de votre incarcération, alors que votre reconnaissance des délits était presque nulle. On peut dire que vous avez changé», écrit la Commission.

La mère d'Élisa T. est détenue à Joliette dans une section à sécurité minimale, elle a un comportement conformiste, travaille à temps partiel et a gardé contact avec des membres de sa famille. Ses permissions de sortie avec escorte se sont déroulées sans problème.

Dans sa décision de cinq pages, la Commission a noté l'enfance trouble de Gemma Angers, dans une famille dysfonctionnelle avec alcool et violence omniprésentes. «N'ayant pas reçu d'amour, vous n'auriez pas été en mesure d'en donner aux vôtres». En 2010, une psychiatre a soulevé la probabilité qu'elle soit atteinte de démence mixte.

La septuagénaire demandait à la Commission de retourner vivre au Lac-Saint-Jean, mais une lettre écrite par Élisa T., où sa fille-victime a clairement fait valoir qu'elle ne souhaitait pas la croiser, a convaincu la Commission de lui interdire de venir dans la région. «Celles-ci ont droit de vivre leur vie en paix avec leur passé», écrivent les commissaires en parlant des victimes.

En audience, Gemma Angers a affirmé que ses regrets ont un lien avec ses réflexions et ses prises de conscience. «Vous dites n'exprimer aucune rancœur à l'endroit des victimes et aimeriez pouvoir leur demander pardon», mentionne le document.

Lise Trottier et son frère Yvon n'ont pas assisté à l'audience. Élisa T. affirme ne plus croire la sincérité de sa mère qui, de toute façon, ne fait plus partie de sa vie.

 
 
 
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