Complot terroriste déjoué

Les présumés terroristes accusés

Première publication 23 avril 2013 à 09h53
Mise à jour : 23 avril 2013 à 14h53
Agence QMI

Chiheb Esseghaier et Raed Jaser, les deux hommes arrêtés lundi par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour complot terroriste, ont tous les deux comparu mardi devant les tribunaux de Montréal et Toronto pour faire face à des accusations liées au terrorisme.

Ils ont laissé entendre qu'ils plaideraient non coupables. Les deux individus avaient été arrêtés mardi dans le cadre d'une enquête conjointe, impliquant entre autres le FBI et les équipes intégrées de la sécurité nationale.

Chiheb Esseghaier lors de sa comparution à Montréal. (Agence QMI)

Le premier suspect, probable tête pensante de l'attentat que les autorités affirment avoir déjoué, est Chiheb Esseghaier, un Tunisien de 30 ans qui étudiait à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) à Varennes et qui fréquentait une mosquée du quartier Côte-des-Neiges à Montréal.

Il avait été arrêté lundi dans McDonald de la Place Bonaventure, à Montréal et devra faire face à des accusations d'interférence dans le système de transport public en association avec le terrorisme, de complot pour meurtre, d'activité terroriste, et d'avoir donné des instructions pour commettre un acte terroriste. Les faits qui lui sont reprochés couvrent une période allant d'avril au mois de septembre 2012.

Chiheb Esseghaier, gracieuseté.

Il a été amené mardi devant un juge de la Cour du Québec pour sa première comparution, mais devrait être envoyé à Toronto, d'ici la fin de la journée ou dans les jours qui viennent, pour la suite des procédures judiciaires, parce que c'est là que les activités terroristes devaient avoir lieu, selon la GRC. En attendant, il restera détenu dans la métropole.

L'accusé a brièvement comparu dans une salle placée sous haute sécurité. Tous les observateurs, pour la plupart des journalistes, ont été fouillés avant de rentrer dans la salle d'audience.

Esseghaier
, menotté dans le box des accusés, était entouré de plusieurs agents des services correctionnels. Il a refusé la présence d'un avocat, préférant se représenter lui-même.
Lorsque le juge lui a demandé s'il comprenait les accusations qui pesaient contre lui, il a répondu «oui», avec aplomb.

Il a également pris la parole pour sous-entendre qu'il était innocent. «Les conclusions ont été faites à partir de fait et paroles qui ne sont que des apparences», a-t-il dit.

«La Cour a ordonné sa détention pour une période de six jours jusqu'à ce que le mandat d'arrestation ontarien soit exécuté et que l'accusé soit transféré à Toronto pour comparaître», a indiqué le procureur de la Couronne, Richard Roy.

Selon la GRC, lui et son complice présumé projetaient de commettre un attentat meurtrier et auraient également reçu de l'aide d'une cellule d'Al-Qaïda en Iran.

Comparution du complice à Toronto

Raed Jaser, 35 ans, qui réside à Markham, en Ontario, a comparu à Toronto. L'homme, portant une épaisse barbe, s'est présenté au tribunal en tenue traditionnelle islamique et est resté les bras croisés dans le box des accusés.

Il a été entre autres accusé de conspiration en vue de commettre un meurtre et participation à une organisation terroriste et de conspiration en vue de perturber les transports. Son avocat a fait savoir qu'il se battrait «vigoureusement» contre les accusations portées contre lui.

L'accusé de Toronto, Raed Jaser, 35 ans. (Agence QMI)

Le pays d'origine de Raed Jaser n'a pas été précisé par les autorités, mais Me Norris a affirmé que son client était installé au Canada depuis 20 ans.

Il devrait revenir en cour le 23 mai. D'ici là, les procédures font l'objet d'une ordonnance de non-publication. Il a interdiction d'essayer d'entrer en communication avec Chiheb Esseghaier.

Des femmes proches de Raed Jaser assistaient à sa comparution à Toronto ce matin. (Agence QMI)

Le père de l'accusé était présent au tribunal. «Je suis là pour soutenir mon fils», a-t-il dit. Selon la GRC, les suspects planifiaient un attentat visant à faire dérailler un train de VIA Rail dans la grande région de Toronto.

Le père de Raed Jaser, Mohammed Jaser, présent à la comparution. (Agence QMI)

«Si leur projet avait été mis à exécution, d'innocentes personnes auraient été blessées ou tuées», avait déclaré, lundi, le commissaire adjoint James Malizia, responsable des opérations de la police fédérale de la GRC.

«Un carnage spectaculaire»

Une source policière avait affirmé à l'Agence QMI que les individus arrêtés auraient envisagé de faire exploser un train faisant la liaison New York-Toronto sur un pont reliant le Canada et les États-Unis, à Niagara Falls.

«Le plan était de faire sauter un train avec des passagers à bord ainsi qu'un pont sur chevalets, a indiqué la source. Cela devait être spectaculaire, il y aurait eu un carnage».

La GRC n'a pas confirmé ces informations, se contentant d'indiquer que les suspects surveillaient la circulation ferroviaire dans la région de Toronto et qu'un trajet précis avait été ciblé.

Les suspects étaient épiés depuis août dernier par les autorités, dans le cadre du projet SMOOTH. Ils auraient reçu l'appui de membres d'Al-Qaïda vivant en Iran.

«L'appui reçu était sous la forme de conseils et de directives», avait précisé James Malizia.
«Il n'y a pas d'informations qui indiquent que ces attaques étaient commanditées par l'Iran», avait ajouté le commissaire adjoint, lundi.

L'Iran a toutefois rejeté ces affirmations. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a qualifié de «ridicule» et «d'hilarante» ce présumé lien entre les suspects et des membres iraniens d'Al-Qaïda, selon l'agence Isna qu'a citée l'Agence France-Presse.

Al-Qaïda est avant tout formée de musulmans sunnites, tandis que la majorité des Iraniens sont chiites.

-Avec la collaboration de Michael Nguyen

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