
![]() |
Pour l’analyste sportif Bernard Brisset, ancien vice-président communications des Canadiens, il est plutôt «bizarre» qu’un homme comme Gainey puisse démissionner, surtout en février.
«Dire que Bob Gainey a été congédié, c’est de la spéculation et même si la majorité le pensera, je ne veux pas m’aventurer jusque-là. D’ailleurs, on ne congédie pas un gars comme Bob Gainey. On s’arrange avec lui pour une séparation élégante. N’oubliez pas qu’on ne s’est jamais vraiment remis du congédiement de Serge Savard et que l’image du Tricolore en a longtemps été ternie. Ça ne se fait tout simplement pas. Mais si un gars démissionne, il m’apparaît pour le moins bizarre de le faire à ce temps-ci de l’année. Et s’il est congédié, ce n’est pas tant le fait qu'il soit remercié qui est bizarre, mais le fait qu’il demeure conseiller de celui qui était son adjoint».
| «Bob aime plus son club que sa job!» - Mario Langlois |
Gainey s’est-il sacrifié?
Mario Langlois, lui, ne voit pas les choses du même œil. Il considère même que Bob Gainey a été un «bon joueur d’équipe» en décidant de se retirer à ce moment-ci. «Bob aime plus son club que sa job!» dit Langlois, d’entrée. «Comprenez-moi bien, Bob Gainey est convaincu qu’il a assemblé une excellente équipe et qu’elle rapportera ses dividendes lorsqu’elle jouera enfin avec tous ses éléments. Mais il représente l’ancienne image de l’équipe. Nouveaux joueurs, nouveau coach, ancien DG. Il croit également que son crédit «sympathie» était épuisé auprès du public. Il a simplement décidé de laisser sa place à son adjoint et ami, Pierre Gauthier, afin de permettre finalement l’émergence de l’équipe. Ce changement d’image, au sein de la direction, pourrait même avoir un effet positif chez les joueurs.»
Les deux observateurs s’entendent sur une chose, soit sur le fait que Bob Gainey ne se sentait peut-être pas très à l’aise dans la nouvelle réalité de l’organisation dont le propriétaire était Geoffrey Molson, un jeune homme qui a grandi dans un environnement de hockey et qui connaît son sport à fond, par opposition à Georges Gillett, sympathique au demeurant, mais qui ne devait pas beaucoup s’immiscer dans les décisions de Bob Gainey.
Gauthier: clone de Gainey
Exit Gainey, voici Pierre Gauthier. Comment Brisset voit-il le nouveau règne du dauphin?
«Je ne m’attends pas à une révolution, ça c’est certain. Pierre Gauthier est un clone de Bob Gainey. Mais il pourrait quand même trancher sur le style de son prédécesseur en faisant signer un nouveau contrat à Tomas Plekanec. On sait que Bob Gainey répugne à négocier de nouvelles ententes en pleine saison, et qu’il était fortement critiqué pour ça. De plus, la commande viendra probablement du propriétaire Geoff Molson qui, lui, connaît pas mal plus le hockey que monsieur Gillett.»
Et en ce qui concerne cette dernière spéculation des amateurs: Pierre Gauthier ne serait-il qu’un DG intérimaire?
«Pas à court terme», pense Brisset. «Mais à moyen terme, il se pourrait que Jacques Martin quitte son poste d’entraîneur-chef pour devenir le directeur général. Il a de l’expérience à ce niveau. Et je n’apprends à personne qu’il y a un jeune loup qui impressionne déjà comme entraîneur-chef dans l’organisation. Il dirige le club-école à Hamilton et il se nomme Guy Boucher.»
Bilan peu reluisant
Il n’y a pas beaucoup de gens qui pleureront le départ de Bob Gainey chez les commentateurs de sport interrogés par TVA.
Yvon Pedneault, pour un, portait un jugement implacable. «Six rondes d'éliminatoires, ce n'est pas beaucoup. Et si vous regardez l'état de santé de cette organisation-là, au moment ou on se parle, l'équipe sur la surface de jeu, c'est n'est pas une grande équipe. L'an passé, il avait eu l'occasion de ramener tout ce monde-là, avec 30 millions de budget. Ca n'a pas fonctionné.»
Ron Fournier, animateur des soirées à CKAC-Sports, a résumé le bilan de Gainey de façon plutôt succincte.
«Bien... ce sont deux deuxièmes rondes, deux premières rondes et une exclusion. Et ça pourrait être une exclusion cette année. Bon ou mauvais? Moyen, moyen, très moyen.»
Quant à son collègue Jean-Charles Lajoie, il se faisait le porte-parole de ses auditeurs en tribune libre: «Ils sont heureux, ils sont contents et certains s'ouvriraient une bière, mais comme ils en ont trop bue hier au Super Bowl, ils passent un tour!»
(TVA Nouvelles)