Entraîneur unilingue anglophone

Une manifestation devant le Centre Bell le 7 janvier

Première publication 22 décembre 2011 à 09h45
Mise à jour : 22 décembre 2011 à 19h43
Une manifestation devant le Centre Bell le 7 janvier
Crédit photo : Archives Agence QMI
TVA Nouvelles

La grogne quant à la nomination d'un entraîneur unilingue anglophone à la barre du Canadien de Montréal continue de faire du bruit jeudi.

Après que de nombreuses organisations et personnalités publiques aient dénoncé haut et fort la nomination de Randy Cunneyworth, c'est au tour ce matin du Mouvement Montréal français de prendre le relais.

L'organisme a émis un communiqué ce matin afin d'indiquer qu'une manifestation pacifique aura lieu avant la prochaine partie à domicile du Canadien. Ce rassemblement aura lieu devant le Centre Bell le 7 janvier 2012, de 17 h à 19 h.

«Nous remettrons des drapeaux du Québec aux partisans du Canadien qui, en les agitant pendant la partie de hockey, pourront ainsi faire connaître leur opinion», ont affirmé le président du Mouvement, Mario Beaulieu, et le porte-parole, Denis Trudel.

«On recule sur tous les fronts»

En entrevue ce matin sur les ondes de LCN, Mario Beaulieu a ajouté que «c'est le temps de descendre dans la rue et de manifester».

Selon lui, la nomination est venue s'ajouter à d'autres éléments dérangeants, comme le fait qu'il y a peu de joueurs francophones au sein de l'équipe et qu'il y a, selon lui, trop de musique anglophone diffusée dans l'amphithéâtre lors des matchs. Une telle décision représente selon lui un «affront» et un «manque de respect» pour les amateurs francophones du club.

Le président du Mouvement a soutenu que tant la langue que la compétence doivent être considérées lorsque le moment vient de nommer un nouvel entraîneur pour le Tricolore. «La langue, ça fait partie de la compétence», a soutenu Mario Beaulieu, tout en ajoutant qu'il y a des entraineurs francophones québécois «très compétents».

«On est un peu une clientèle captive, il y a des amateurs de hockey, c'est notre sport national, alors on ne veut pas être pris en otage. On pense que même les partisans qui vont aller au Centre Bell peuvent manifester leur désapprobation, peuvent agiter leurs drapeaux du Québec à différents moments», a-t-il indiqué.

«Le Canadien de Montréal devrait être un symbole de fierté»

«On recule sur tous les fronts. Ça a été la Caisse de dépôt, la Banque Nationale, là c'est le Canadien de Montréal», a aussi affirmé Mario Beaulieu lors de l'entrevue.

«Le Canadien de Montréal devrait être un symbole de fierté, un élément rassembleur des Québécois, pas un facteur d'anglicisation», a aussi indiqué Mario Beaulieu.

Par ailleurs, le président du Mouvement Montréal français a indiqué que, selon lui, le Québec «a besoin d'une deuxième équipe de hockey» professionnelle.

Partisans mécontents

Plusieurs partisans du tricolore rencontrés au centre-ville de Montréal ont laissé connaître leur mécontentement quant à l'embauche de Randy Cunneyworth, un entraîneur unilingue anglophone.

«S'il y a une manifestation, je vais participer sans hésiter. On dirait que c'est le seul moyen qu'il reste pour que la direction du Canadien se réveille», a confié Patrick Duguay, amateur de hockey.

«Je crois qu'on est rendu là, a indiqué pour sa part Mathieu Bellefeuille. Même des politiciens ont fait connaître leur mécontentement. Je crois qu'il ne reste qu'aux fans à se faire entendre, alors je trouve que c'est une très bonne idée.»

Donato Colavecchio, un partisan pourtant unilingue anglophone, souhaite lui aussi voir un entraîneur capable de s'exprimer dans les deux langues diriger le tricolore.

«Je crois que c'est mieux pour l'équipe, pour les médias et surtout pour les partisans», a-t-il souligné.

Même combat en Espagne

Même des touristes espagnols en visite dans la métropole ont dit appuyer le combat du MMF.

«En Espagne, la situation est semblable avec l'équipe de football FC-Barcelone, a confié Fransisco De la Santisima, lorsqu'informé des faits. Étant donné que c'est en Catalogne, tout se fait en catalan. Le club est une institution et c'est un peu la même chose ici d'après ce que je constate.»

En effet, à Barcelone, le club de football local est un véritable symbole de la culture catalane, comme en témoigne d'ailleurs sa devise : «plus qu'un club».

 

 

 

 

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